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Tavat - Tavat (2022)


Si Tavat est un nom qui ne vous dira (encore) rien, en revanche, Sammal ne manquera pas d'évoquer pour l'amateur d'effluves progressives et joyeusement boisées, l'un des héritiers les plus talentueux de la scène folk prog finlandaise. Quel est le lien entre les deux groupes ? C'est bien simple, ancien claviériste du second, Juhaini Laine entame aujourd'hui une carrière solo sous la bannière du premier dont cet album éponyme est la carte de visite. En solo peut-être mais ni en solitaire ni loin de son précédent port d'attache  puisque Juhaini s'est (bien) entouré des membres de Sammal notamment Jan-Erik Kiviniemi au chant cependant que de nombreux musiciens viennent enrichir sa palette colorée d'instruments, attendus (la batterie entre les mains du mercenaire Taneli Manninen) ou beaucoup moins (trombone, vibraphone). Les chanteuses Emilia Roos et Maiju Oikarinen apportent quant à elles une touche de féminité à un projet qu'on devine musicalement bruisser d'un chatoiement forestier. De fait, la proximité avec Sammal n'est pas qu'humaine car Tavat baguenaude sur une même sente moelleuse et champêtre. Les claviers dégueulent de toute part, tressant un tapis d'ambiances veloutées et tendrement bucoliques ('Vaarat Ja Virrat') voire presque jazzy ('Äreä Aamunkoito')  quand bien même les traits se durcissent par moment, comme en témoignent l'entame 'Puolimieli' ou 'Kustu Toisaale' dont la rythmique plus appuyée s'accouple à ce son d'orgue comme échappé des années 70. 

D'essence instrumentale, ce galop d'essai puise néanmoins sa poésie fleurie du chant masculin en finnois ('Oljenkorsi') tandis que sa douce mélancolie s'écoule de ces mélopées féminines tour à tour séduisantes ('Pohjoinen') ou spectrales ('Kehdon Koettelemus'). C'est d'ailleurs dans ces teintes parfois désenchantées que Tavat tire sa personnalité. Hanté par le trépas prochain de son père, avec lequel il collabore pour la dernière fois (il signe la pochette de l'album), Juhaini Laine n'a pas pu se détacher de cette mort en maraude en composant un opus qui malgré tout ne s'abîme jamais totalement dans l'affliction, préférant affronter la grande faucheuse de façon paisible. Fort de ce bijou de rock progressif antédiluvien typiquement finlandais, Tavat présente désormais avec Sammal deux excellents groupes même sil est permis de se demander comment ce dernier survivra au départ de son claviériste qui n'était pas étranger à son charme, loin de là. Réponse avec Aika Laula qu'il publie de son côté au même moment...  (30.10.2022  | MW) ⍖⍖⍖

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Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...