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François Reichenbach - Ourasi, trotteur français (1989)


L'existence même de ce film suffit à expliquer pourquoi Ourasi ne sera jamais remplacé. On imagine mal aujourd'hui un réalisateur de l'acabit de François Reichenbach réaliser un documentaire sur Bold Eagle, l'héritier de l'alezan brûlé (pour le palmarès s'entend), crack inconnu en dehors du cercle restreint des turfistes. Dans les années 80, au contraire, comme le montre ce court-métrage, la France entière (à peu de chose près) connaissait Ourasi, vibrait lors de ses courses qu'elle suivait à la radio, devant la télévision et bien sûr dans l'enceinte d'hippodromes remplis jusqu'à la gueule. Réalisé en 1989 (la VHS date de 1990, raison pour laquelle la quatrième victoire au prix d'Amérique a été accolée en guise d'introduction), ce doc retrace le parcours du trotteur que rien ne prédestinait à entrer dans la légende, entre un pedigree plutôt obscur et un environnement miteux. Plus que ses courses en tant que telles, c'est son caractère qui est brossé en suivant son driver Jean-René Gougeon.

L'analyse de journalistes enrichit un portrait plus froid et clinique que celui dressé par le film de Jackie Bastide. Contrairement à Homeric, Reichenbach ne prend pas parti (comprendre pour Rachel Teissier dans le procès qu'elle intente suite à la vente du crack) mais cherche à percer le secret de cet équidé quasi mythologique qui n'en faisait qu'à sa tête, à la fois nonchalant et autoritaire, comme s'il avait compris qu'il était différent des autres. Plus qu'un roi (fainéant), il était un dieu. Une étoile blanche n'était-elle pas imprimée sur son front comme une marque divine ? Le film n'occulte pas une fin de carrière chaotique entre l'impossible défaite lors du prix d'Amérique 1989, l'accident cardiaque de celui qu'on a surnommé "Le pape de Vincennes" ni sa contre performance lors de son dernier René Ballière. Sa fin de carrière sur les champs de course approche, à laquelle succédera une seconde, celle d'étalon, manière pour le metteur en scène d'évoquer la magie du métier d'éleveur en quête du cheval parfait. Un petit Ourasi verra-t-il le jour ? A cette époque, tous les espoirs sont encore permis. Las, le champion ne donnera naissance à aucun cheval de son niveau, au grand dam de ses propriétaires... Ce qui participe finalement à sa légende... (09.03.2019) ⍖⍖⍖


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Brian De Palma - Blow Out (1981)

Brian De Palma s’est imposé dans les années 70 grâce à une série de films très personnels, thriller ( Obsession ) ou fantastique ( Carrie , Phantom Of The Paradise ), dont l’affolante virtuosité technique a fait de lui l’un des cinéastes les plus doués de sa génération. Après le succès de Pulsions , il souhaite à l’aube des années 80 s’extraire du cinéma de genres et se frotter à des projets plus ambitieux. L’adaptation du roman de Robert Daley, Le prince de New York , devait lui en fournir l’occasion mais il est finalement renvoyé de la production, remplacé par Sidney Lumet. A la place, il réalise Blow Out dont il est l’auteur du scénario. De prime abord, celui-ci semble s’inscrire dans la continuité de ses films précédents, particulièrement du fait de cette influence hitchockienne toujours de mise et dont il ne se départira vraiment qu’après Body Double (1984). Le héros qui sauve une femme de la noyade, la cloche de la liberté, cette variation autour du cri ou cette course-poursuit...

Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...