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Paul Henreid - A Woman's Devotion (1956)


Acteur oublié aujourd’hui qui fut cependant à l’affiche de grands films des années 40 (Casablanca, Pavillon noir, L’emprise), Paul Henreid n’est pas non plus celui auquel on pense en premier parmi les comédiens passés derrière la caméra. S’il a surtout œuvré à la télévision et plus particulièrement pour la série Alfred Hitchcock présente, Henreid a signé quatre films entre 1952 et 1964. Sa carrière comme metteur en scène est certes limitée mais contrairement à la plupart de ses collègues acteurs pour qui l’exercice répondait généralement plus à un caprice de star qu’à de réelles velléités artistiques, il a semblé montrer un intérêt sincère pour la réalisation et la fabrication cinématographique (il fut même producteur). Moins réputé que La mort frappe trois fois (1964) qui demeure son meilleur effort sous cette casquette, A Woman’s Devotion mérite néanmoins une attention certaine. Henreid regretta que le studio, Republic Pictures, n’ait rien compris au film, le charcutant de nombreuses parties parmi les plus essentielles, selon lui. Etiqueté comme film noir, il est vrai qu’il rompt avec les codes du genre. 


L’histoire se déroule à Acapulco, sous le soleil et en plein jour le plus souvent, son véritable héros est une femme, qui plus est très éloignée des standards sexy habituels, l’atmosphère est moite d‘un érotisme qu’exsudent ces filles mexicaines, l’action y est rare. Autant d’éléments qui font de cette série B un polar franchement atypique. La présence de Janice Rule n’y est d’ailleurs pas pour rien, actrice pleine de charme bien que dénuée de la sensualité agressive propre aux immuables femmes fatales attachées au genre et dont on regrette que le cinéma ne l’ait pas plus – et mieux - utilisé. Douce mais tenace, elle traduit bien les doutes de son personnage face à son époux (Ralph Meeker) dont elle découvre qu’elle ne le connaît pas si bien que cela, vétéran de la Seconde Guerre mondiale que la police locale soupçonne d’un double meurtre de femmes. Traumatisé par la guerre qui lui a laissé comme séquelles des trous de mémoire et une folie sourde, Stevenson est-il coupable de ce qu’on l’accuse ? Intelligemment, le film ne répond pas à cette question, laissant chacun se faire son propre avis. Cette conclusion ouverte et tragique ne rend pas moins inhabituel A Woman’s Devotion, film noir très rare dont le résultat, bien qu’il n’ait pas satisfait Paul Henreid, présente de belles qualités. (30.01.2024) ⍖⍖


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TOP DE LA SEMAINE

Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...