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Douglas Trumbull - Brainstorm (1983)


Réalisé par Douglas Trumbull, auquel on doit les effets spéciaux de 2001 : l'odyssée de l'espace de Kubrick et Silent Running, oeuvre de science-fiction écologique de 1973 avec Bruce Dern, Brainstorm souffre quelque peu de la spécialité de son géniteur. Ainsi il bénéficie d'effets spéciaux très élaborés pour l'époque, sublimés par des images magnifiques. Brainstorm, c'est donc avant tout cela : un immense plaisir visuel qui s'agence autour d'un kaléidoscope d'images. Cependant, si la technique se révèle parfaite, Trumbull peine en revanche à restituer la dimension dramatique de son récit et les enjeux de celui-ci. C'est bien dommage car il y avait moyen de faire un grand film à portée métaphysique tant le thème s'avère captivant. 


Savoir ce qu'on ressent lorsque la mort nous frappe constitue en effet un sujet passionnant, propice à toutes les hypothèses et les idées les plus folles mais finalement sous-exploité et d'une manière un peu naïve. Enfin, le couple formé par Natalie Wood (dont c'est la dernière apparition avant de mourir dans de troubles circonstances) et de Christopher Walken ne fonctionne pas vraiment et ce, en dépit du talent des deux comédiens. Louis Fletcher parait au contraire bien plus convaincante. Mais c'est toujours un plaisir de voir Walken, habituellement déjanté, dans un rôle positif quand bien même on le préfère nettement dans la peau de personnages plus torturés et psychotiques qui conviennent mieux à son physique étrange (Voyage au bout de l'enfer, The King Of New York...). Malgré ses qualités visuelles et le potentiel d'un sujet aussi passionnant qu'universel, Brainstorm se solde par une déception. (2001) ⍖⍖


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TOP DE LA SEMAINE

Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...