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Iskald - Revelations Of Reckoning Day (2008)


Ils sont norvégiens, ils font du black metal. Jusque là, tout va bien, rien d’anormal. Ah mais ils ne sont pas grimés à la truelle avec de la peinture achetée chez Bricomarché. Et ils osent injecter une bonne dose de mélodie dans leur black metal sans pour autant être mou du zizi. Revelations Of Reckoning Day est une manière de démonstration car il prouve que le genre n’est pas forcément sclérosé, figé dans des stéréotypes que nombre de hordes sans imagination trimballent comme un boulet, quand elles ne sentent pas obligées de le faire ! Mais une fois les glaouis à l’air et privées de tout cet apparat de foire et d’une philosophie ( ?) digne d’un enfant de cinq ans, que reste-t-il bien souvent (mais pas toujours certes et heureusement) de ces gargouilles ? Peu de choses. Iskald lui, n’a pas besoin de cacher sa vacuité, sa misère derrière tout ce cirque, ses deux membres se concentrent sur la musique et ce faisant, ils montrent que le black metal, quand il est débarrassé de tous ses gimmicks, peut être aussi un genre musical comme un autre. 


Pour Simon Larsen et Aage André Krekling, l’art noir est un terreau dans lequel ils plantent une bonne dose de thrash. Leur black metal est souvent rapide, fiévreux (« Ruin Of Mankind » par exemple) avec un son âpre, dépouillé et d’une froideur à congeler sur place un caribou. Jamais linéaires et propulsées par des riffs qui raclent les chairs, leurs compositions ont du relief et s’aventurent au contraire dans des chemins tortueux, cisaillés par de brusques changement de rythme (« A Breath Of Apocalypse », le passionnant « Det Stilner Til Storm »). Iskald n’hésite pas ainsi à serrer le frein à main (« The Orphanage » que zèbrent des relents presque heavy metal), à plaquer un mid-tempo implacable, à étendre un tapis plus atmosphérique (l’épique « Warriors Of The Northern Twilight Part 2 »). On sent chez eux un vrai sens de l’écriture tant chaque titre fourmille d’idées, de pistes à explorer (le court et malsain « Tartarus », les chœurs majestueux de « Journey To Hel » ou le final morbide de « Dommedag ») qui témoignent que le groupe en a encore certainement sous la semelle. Coupé en deux par un instrumental curieux (par rapport au reste) car aux allures de bande original de film, Revelations Of Reckoning Day est un album d’une grande densité, concentré d’énergie puissance et technique à la fois. Et si on peut regretter que le chant rugueux – il s’inscrit de fait dans la grande tradition norvégienne – ne soit pas plus personnel, ce léger bémol ne saurait endeuillé un album tout à fait convaincant et apte à ratisser un public assez large. Une bonne pioche, comme souvent du reste avec le jeune label Indie Recordings (Enslaved, Vreid, Wardruna…) (2009 | MW) ⍖⍖



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