Pour Simon Larsen et Aage André Krekling, l’art noir est un terreau dans lequel ils plantent une bonne dose de thrash. Leur black metal est souvent rapide, fiévreux (« Ruin Of Mankind » par exemple) avec un son âpre, dépouillé et d’une froideur à congeler sur place un caribou. Jamais linéaires et propulsées par des riffs qui raclent les chairs, leurs compositions ont du relief et s’aventurent au contraire dans des chemins tortueux, cisaillés par de brusques changement de rythme (« A Breath Of Apocalypse », le passionnant « Det Stilner Til Storm »). Iskald n’hésite pas ainsi à serrer le frein à main (« The Orphanage » que zèbrent des relents presque heavy metal), à plaquer un mid-tempo implacable, à étendre un tapis plus atmosphérique (l’épique « Warriors Of The Northern Twilight Part 2 »). On sent chez eux un vrai sens de l’écriture tant chaque titre fourmille d’idées, de pistes à explorer (le court et malsain « Tartarus », les chœurs majestueux de « Journey To Hel » ou le final morbide de « Dommedag ») qui témoignent que le groupe en a encore certainement sous la semelle. Coupé en deux par un instrumental curieux (par rapport au reste) car aux allures de bande original de film, Revelations Of Reckoning Day est un album d’une grande densité, concentré d’énergie puissance et technique à la fois. Et si on peut regretter que le chant rugueux – il s’inscrit de fait dans la grande tradition norvégienne – ne soit pas plus personnel, ce léger bémol ne saurait endeuillé un album tout à fait convaincant et apte à ratisser un public assez large. Une bonne pioche, comme souvent du reste avec le jeune label Indie Recordings (Enslaved, Vreid, Wardruna…) (2009 | MW) ⍖⍖
Nonobstant les qualités réelles de Season Of Mist, on se demande quand même ce que vient faire Drudkh chez l'écurie marseillaise ! Alors certes, une légende telle que Mayhem a rejoint depuis longtemps ce label mais les Ukrainiens se répètent dans un humus bien plus underground que celui des Norvégiens. Pour ceux qui ont découvert cette mystérieuse entité avec la gemme noire qu'est Forgotten Legends en 2003, cette promotion ne peut que laisser perplexe, après tant d'années passées chez Supernal Music, structure plus modeste qui lui convenait bien davantage et qui du reste accueille tous les projets de Roman Saenko, l'âme du "groupe", du regretté Hate Forest à Dark Ages sans oublier Blood Of Kingu. Car Drudkh fait partie de ces formations qui ne peuvent proliférer que dans l'obscurité : ni photos ni crédits dans des livrets réduits au strict minimum, à des années-lumière donc des digipacks et autre coffret luxueux aujourd'hui de mise. Season Of Mist n...


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