Pour Simon Larsen et Aage André Krekling, l’art noir est un terreau dans lequel ils plantent une bonne dose de thrash. Leur black metal est souvent rapide, fiévreux (« Ruin Of Mankind » par exemple) avec un son âpre, dépouillé et d’une froideur à congeler sur place un caribou. Jamais linéaires et propulsées par des riffs qui raclent les chairs, leurs compositions ont du relief et s’aventurent au contraire dans des chemins tortueux, cisaillés par de brusques changement de rythme (« A Breath Of Apocalypse », le passionnant « Det Stilner Til Storm »). Iskald n’hésite pas ainsi à serrer le frein à main (« The Orphanage » que zèbrent des relents presque heavy metal), à plaquer un mid-tempo implacable, à étendre un tapis plus atmosphérique (l’épique « Warriors Of The Northern Twilight Part 2 »). On sent chez eux un vrai sens de l’écriture tant chaque titre fourmille d’idées, de pistes à explorer (le court et malsain « Tartarus », les chœurs majestueux de « Journey To Hel » ou le final morbide de « Dommedag ») qui témoignent que le groupe en a encore certainement sous la semelle. Coupé en deux par un instrumental curieux (par rapport au reste) car aux allures de bande original de film, Revelations Of Reckoning Day est un album d’une grande densité, concentré d’énergie puissance et technique à la fois. Et si on peut regretter que le chant rugueux – il s’inscrit de fait dans la grande tradition norvégienne – ne soit pas plus personnel, ce léger bémol ne saurait endeuillé un album tout à fait convaincant et apte à ratisser un public assez large. Une bonne pioche, comme souvent du reste avec le jeune label Indie Recordings (Enslaved, Vreid, Wardruna…) (2009 | MW) ⍖⍖
Brian De Palma s’est imposé dans les années 70 grâce à une série de films très personnels, thriller ( Obsession ) ou fantastique ( Carrie , Phantom Of The Paradise ), dont l’affolante virtuosité technique a fait de lui l’un des cinéastes les plus doués de sa génération. Après le succès de Pulsions , il souhaite à l’aube des années 80 s’extraire du cinéma de genres et se frotter à des projets plus ambitieux. L’adaptation du roman de Robert Daley, Le prince de New York , devait lui en fournir l’occasion mais il est finalement renvoyé de la production, remplacé par Sidney Lumet. A la place, il réalise Blow Out dont il est l’auteur du scénario. De prime abord, celui-ci semble s’inscrire dans la continuité de ses films précédents, particulièrement du fait de cette influence hitchockienne toujours de mise et dont il ne se départira vraiment qu’après Body Double (1984). Le héros qui sauve une femme de la noyade, la cloche de la liberté, cette variation autour du cri ou cette course-poursuit...


Commentaires
Enregistrer un commentaire