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Opera IX - The Black Opera : Symphoniae Mysteriorum in Laudem Tenebrarum (2000)


Obscur groupuscule de black metal de seconde zone, Opera IX n'a cependant pas attendu le succès de Arch Enemy et sa hurleuse en chef, la teutonique et pulpeuse Angela Gossow, pour faire appel à une chanteuse (?), en l'occurrence, la charmante Cadaveria (!), dont le très poétique sobriquet en dit déjà long sur le style de vocalise que la jeune femme vomit avec un talent et une conviction certains. Du reste, c'est justement cette présence féminine qui permet aux Italiens de se distinguer du tout venant du metal impie, ainsi que par leur goût prononcé pour des titres d'une longueur relativement inhabituelle dans le genre. Sinon, on nage dans le black metal gothique de base, inoffensivement occulte, et régurgitant une musique mille fois entendue, heureusement sauvée par des atours plus atmosphériques que véloces, et donc, par le chant hurlé de Cadaveria, laquelle semble porter les compos à bout de bras. Autant dire que ce modeste édifice repose quasi intégralement sur ses frêles épaules, ce que confirmera son départ l'année suivante, afin de mener une carrière solo hésitante sous son propre nom. 


Le groupe ne s'en remettra pas non plus et retournera, la queue entre les jambes, grossir à nouveau les rangs des formations de série B qui pullulent dans une chapelle bien trop peuplée d'opportunistes sans talent. Ce qui est bien regrettable car ce troisième méfait demeure sans aucun doute ce que Opera IX a offert de plus convaincant, lui permettant alors enfin de grignoter le fruit d'une reconnaissance, certes relative, mais bien réelle et somme toute méritée. Les sept compos qui le composent se révèlent solides et accrocheuses ("The First Seal", "Bela Lugosi's Dead"), un peu longues parfois, mais pourvues de cette sensibilité toute méditerranéenne qui les distinguent de leurs homologues scandinaves ou allemands. Bon, avec son occultisme qui ferait à peine frémir les ménagères de plus de 50 ans rivées devant les soi disant documentaires chocs (poubelles ?) nocturnes de M6, le groupe ne dégage aucune aura maléfique, contrairement aux ténébreux brûleurs d'églises norvégiens du débuts des années 90, mais s'avère quand même mille fois supérieur au sinistre Evol, un de ses confrères parmi les plus pitoyables. Un bon petit disque de black metal mélodique, très plaisant à écouter et à prendre pour ce qu'il est, ce qui n'est déjà pas si mal. (05.04.2007) ⍖⍖

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