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Necrodeath - Phylogenesis (2009)



Malgré son statut enviable de dinosaure de la scène extrême, nationale ou pas, Necrodeath n'est jamais réellement parvenu à quitter les méandres de la série B. Son black metal enrobé d'une bonne couche de thrash/death n'est pourtant pas désagréable et certains de ses méfaits, s'ils ne peuvent prétendre se faire passer pour des classiques du genre, ne sont pas sans charme (100% Hell). Seulement voilà, les Italiens en ont laissé par mal sur le bord de la route avec Draculea, concept horrifique à moitié réussi que d'aucuns ont trouvé bien trop mélodique et maladroit, jugement injuste car cet album était plutôt efficace. Sans doute les Italiens ont-ils compris la leçon, c'est pourquoi, ils reviennent deux ans après avec ce Phylogenesis, au visuel splendide, à leurs racines. De fait, ces neuf saillies ne devraient, cette fois, pas décevoir les amateurs. Les plans parfois assez heavy sont toujours là (le superbe "Namnlöst Spar 3") mais ils fusionnent avec sauvagerie avec un substrat bien plus brutal que sur Draculea. Très mélodique certes, la musique de Necrodeath semble avoir repris de la vigueur. Ses auteurs ont dû avalé du Viagra par boîte de douze. 


Résultat, on s'envoie avec plaisir ces cartouches d'une durée plutôt courte qui oscillent entre agressions implacables, telles que le puissant "Awakening Of Dawn", manière pour le groupe de signifier d'entrée de jeu qu'il n'a pas encore l'intention de ramollir du zizi et moments davantage portés sur les ambiances, souvent sombres d'ailleurs, témoins "I.N.R.I.", propulsé après une très longue intro plombée ou bien "Extreme Emotional Shock" et ses arpèges en guise de préliminaires, avant que le chant s'enfonce dans la fente humide d'atmosphères malsaines. Si le nostalgique - on a l'impression d'avoir basculé à son écoute à l'époque bénie du thrash des années 80 - Time Never Dies" et "Propitiation Of The Gods", piloté par des riffs obsédants et insidieux entrent dans la première catégorie, tout comme le rapide "Cloned World", une enclume rampante telle que "Persuasive Memory" intègre sans hésiter la seconde. A cheval entre les deux, le bien nommé "Final War", belle pièce vrillée par des parties de six cordes pas piquées des vers, achève Phylogenesis sur une note empreinte d'une pesanteur à rendre jaloux Newton. Un disque honnête, qui porte incontestablement la signature de Necrodeath mais qui ne devrait guère lui apporter de nouveaux adeptes. Au moins les anciens s'y retrouveront... (2009) ⍖⍖


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Thumos - Symposium (2023)

Selon sa (bonne) habitude, Thumos ne reste jamais silencieux bien longtemps, venant frapper à notre porte tous les six mois environ, parfois moins comme l'illustre Symposium qui surgit à peine quatre mois après le EP Kallipolis . Nous pourrions évidemment craindre que cette insolente fertilité se solde par un assèchement de la créativité de ce groupe si particulier mais il n'en est pour l'instant rien. Nous pourrions craindre également que celui-ci finisse par se répéter, enfermé dans le cadre imposé par un post doom instrumental dont les limites semblent de prime abord évidentes. Là encore, Thumos réussit à chaque fois à éviter le piège de la redite, de la photocopie d'une signature au demeurant désormais clairement identifiée tant dans la forme (une partition engourdie par une pesanteur sévère) que dans le fond (la Grèce antique comme curieux combustible). Le mystère demeure toujours autour de ce groupe dont on n'est pas certain qu'il en soit véritablement un,...

Laudanum - The Coronation (2009)

Le laudanum est un médicament à base d'opium utilisé comme calmant et très en vogue au XIXème siècle. C'est aussi le nom d'un groupe dont la musique se veut plus proche de la corrosion des drogues que d'un somnifère. Aux confins du doom halluciné, du sludge tellurique, du drone et de la noise, les Américains sculptent au burin un univers très personnel, dérive psychopathe rongée par une lèpre vicieuse. Cinq ans après une première dose remarquée ( The Apotheker ), The Coronation a quelque chose d'un labyrinthe humide d'une noirceur abyssale. 100 fois plus evil que bien des hordes grimées à la truelle et exaltant les forces des ténèbres, Laudanum écrit des bandes-sons cauchemardesques qui ne filent jamais droit. Il y a véritablement quelque chose de pourri, de souillé dans ce magma brulant et maladif, preuve en est le déglingué "Invoke", reptation stridente aux riffs obsédants. Basé sur un canevas pour moitié instrumentale ("Procession" "...

Jerry Thorpe - All God's Children (1980)

Les bons sentiments font rarement les bons films. All God's Children le démontre encore une fois, téléfilm qui, à travers le sujet du busing (expérience visant à développer la mixité raciale dans les transports scolaires), ausculte les maux d'une petite communauté gangrené par le racisme ordinaire et en corollaire la ségrégation qui sévit encore au sein de la société américaine des années 70.  Un thème intéressant et courageux malheureusement traité platement par Jerry Thorpe, fils de Richard et pourtant auteur d'un Jour des Apaches (1968) de bonne mémoire. Sincères, les comédiens y croient mais paraissent impuissants à rendre ce drame captivant. Démocrate convaincu, Richard Widmark campe un juge rongé par les remords après que sa décision d'imposer la mixité scolaire notamment dans les transports, déclenchent des contestations violentes et in fine la mort d'un adolescent (noir) qui a volé un bus avec son copain (blanc). Il est évidemment impeccable, tout comme Ne...