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John Flynn - Echec à l'organisation (1973)


Pour tout amateur nourri aux bobines des années 70, nerveuses, tendues et riches en douilles, le générique de Echec à l’organisation a de quoi filer la gaule des grands jours. John Flynn (qui signera quatre ans plus tard l’immense et culte Légitime violence) derrière la caméra, Bruce Surtees (Dirty Harry et presque tous les Eastwood de l’âge d’or) comme directeur de la photographie, Jerry Fielding (La horde sauvage) pour la musique. Côté acteurs, nous croisons, excusez du peu, Robert Duvall, Joe Don Baker (nous y reviendrons), Karen Black, Bill McKinney, Sheree North ou Joanna Cassidy, emblématiques du néo polar américain, associés à des figures de l’ancienne génération du film noir, de Robert Ryan à Elisha Cook, de Jane Greer à Marie Windsor, sans oublier Timothy Carey et Richard Jaeckel, manière pour Flynn de rendre hommage au genre. A l’arrivée pourtant, The Outfit, au demeurant jubilatoire, ne parvient pas tout à fait à se hisser au-dessus de la série B et des films de Sam Peckinpah (Guet-apens), Don Siegel (Tuez Charley Varrick) ou John Boorman. On pense évidemment à ce dernier puisque son Point de non retour (1967) portait déjà à l’écran une aventure de Parker (alors campé par Lee Marvin), héros solitaire créé par Donald Westlake sous le pseudonyme de Richard Stark. Mais on sent que l’ironie cher à l’écrivain intéresse moins le réalisateur que l’action et l’exécution d’une vengeance froide et millimétrée. 


On regrette par ailleurs une fin heureuse qui, si elle fait plaisir, s’accorde mal avec l’inexorabilité de cette quête punitive. Il semble que John Flynn avait imaginé une conclusion plus pessimiste que refusa la MGM. On peut penser que Echec à l’organisation aurait alors gronder d’une force désespérée qui en l’état lui fait quelque peu défaut. Néanmoins l’efficacité de la mise en scène est incontestable, à laquelle répond une interprétation ad hoc. Dans le rôle de l’homme qui affronte (presque) seul la Mafia, Robert Duvall apporte un curieux mélange de détermination et de fébrilité, non dénué de tendresse (la mort de Karen Black à l’arrière de la bagnole). Ce n’est pas Charles Bronson. Pour autant, il se fait voler la vedette par Joe Don Baker en acolyte aussi sympathique qu’implacable. L’acteur qui enchaîne alors les films mémorables (Justice sauvage, Junior Bonner, Tuez Charley Varrick, La trahison se paie cash…) bouffe l’écran, déborde du cadre avec son physique rustique de brute plus malin qu’il n’en a l’air. Boudé par la critique de l’époque et quand bien même il échoue à être le grand film espéré, The Outfit est aujourd’hui considéré – à raison – comme un des mètres étalons de ces polars hard boiled des années 70 ancrés dans l’Amérique provinciale. (27.07.2024) ⍖⍖


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