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Robin Hardy - The Wicker Man (1973)


A cause de la présence de Christopher Lee, The Wicker Man pourrait se confondre avec les films d'horreur anglais de la Hammer ou de la Amicus, tournés à une époque où le genre s'essouffle. En fait, le long-métrage de Robin Hardy s'apparente moins à la veine du cinéma qui fait peur, qu'à un documentaire sur la survivance de cultes et rituels païens. Point de fantastique dans ce récit ancré dans une petite île écossaise coupée du monde mais l'horreur y est pourtant bien présente, distillée par touches pointillistes jusqu'au coup de théâtre final qui voit le héros basculer en plein cauchemar. 

On devine tout du long la signature du scénariste Anthony Schaffer (Frenzy et surtout Le limier, excusez du peu), qui n'aime rien moins que confronter ces personnages à des faux-semblants et à une réalité qui leur échappe. Les décors, la musique et les chansons qui éclairent le propos, participent d'une ambiance teintée d'étrangeté. Le film baigne dans un érotisme printanier dont ne sont pas étrangères les apparitions de Britt Ekland et dans une moindre mesure, celle d'Ingrid Pitt. Ayant inspiré nombre de groupes (Iron Maiden en tête), The Wicker Man n'est pas seulement culte, il est unique. On comprend mal comment un remake a pu être tourné, par Neil LaBute en 2006, avec Nicolas Cage, le plus mauvais acteur du monde… (07.07.2016) ⍖⍖⍖




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TOP DE LA SEMAINE

Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...