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Robin Hardy - The Wicker Man (1973)


A cause de la présence de Christopher Lee, The Wicker Man pourrait se confondre avec les films d'horreur anglais de la Hammer ou de la Amicus, tournés à une époque où le genre s'essouffle. En fait, le long-métrage de Robin Hardy s'apparente moins à la veine du cinéma qui fait peur, qu'à un documentaire sur la survivance de cultes et rituels païens. Point de fantastique dans ce récit ancré dans une petite île écossaise coupée du monde mais l'horreur y est pourtant bien présente, distillée par touches pointillistes jusqu'au coup de théâtre final qui voit le héros basculer en plein cauchemar. 

On devine tout du long la signature du scénariste Anthony Schaffer (Frenzy et surtout Le limier, excusez du peu), qui n'aime rien moins que confronter ces personnages à des faux-semblants et à une réalité qui leur échappe. Les décors, la musique et les chansons qui éclairent le propos, participent d'une ambiance teintée d'étrangeté. Le film baigne dans un érotisme printanier dont ne sont pas étrangères les apparitions de Britt Ekland et dans une moindre mesure, celle d'Ingrid Pitt. Ayant inspiré nombre de groupes (Iron Maiden en tête), The Wicker Man n'est pas seulement culte, il est unique. On comprend mal comment un remake a pu être tourné, par Neil LaBute en 2006, avec Nicolas Cage, le plus mauvais acteur du monde… (07.07.2016) ⍖⍖⍖




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Thumos - Symposium (2023)

Selon sa (bonne) habitude, Thumos ne reste jamais silencieux bien longtemps, venant frapper à notre porte tous les six mois environ, parfois moins comme l'illustre Symposium qui surgit à peine quatre mois après le EP Kallipolis . Nous pourrions évidemment craindre que cette insolente fertilité se solde par un assèchement de la créativité de ce groupe si particulier mais il n'en est pour l'instant rien. Nous pourrions craindre également que celui-ci finisse par se répéter, enfermé dans le cadre imposé par un post doom instrumental dont les limites semblent de prime abord évidentes. Là encore, Thumos réussit à chaque fois à éviter le piège de la redite, de la photocopie d'une signature au demeurant désormais clairement identifiée tant dans la forme (une partition engourdie par une pesanteur sévère) que dans le fond (la Grèce antique comme curieux combustible). Le mystère demeure toujours autour de ce groupe dont on n'est pas certain qu'il en soit véritablement un,...

Laudanum - The Coronation (2009)

Le laudanum est un médicament à base d'opium utilisé comme calmant et très en vogue au XIXème siècle. C'est aussi le nom d'un groupe dont la musique se veut plus proche de la corrosion des drogues que d'un somnifère. Aux confins du doom halluciné, du sludge tellurique, du drone et de la noise, les Américains sculptent au burin un univers très personnel, dérive psychopathe rongée par une lèpre vicieuse. Cinq ans après une première dose remarquée ( The Apotheker ), The Coronation a quelque chose d'un labyrinthe humide d'une noirceur abyssale. 100 fois plus evil que bien des hordes grimées à la truelle et exaltant les forces des ténèbres, Laudanum écrit des bandes-sons cauchemardesques qui ne filent jamais droit. Il y a véritablement quelque chose de pourri, de souillé dans ce magma brulant et maladif, preuve en est le déglingué "Invoke", reptation stridente aux riffs obsédants. Basé sur un canevas pour moitié instrumentale ("Procession" "...

Jerry Thorpe - All God's Children (1980)

Les bons sentiments font rarement les bons films. All God's Children le démontre encore une fois, téléfilm qui, à travers le sujet du busing (expérience visant à développer la mixité raciale dans les transports scolaires), ausculte les maux d'une petite communauté gangrené par le racisme ordinaire et en corollaire la ségrégation qui sévit encore au sein de la société américaine des années 70.  Un thème intéressant et courageux malheureusement traité platement par Jerry Thorpe, fils de Richard et pourtant auteur d'un Jour des Apaches (1968) de bonne mémoire. Sincères, les comédiens y croient mais paraissent impuissants à rendre ce drame captivant. Démocrate convaincu, Richard Widmark campe un juge rongé par les remords après que sa décision d'imposer la mixité scolaire notamment dans les transports, déclenchent des contestations violentes et in fine la mort d'un adolescent (noir) qui a volé un bus avec son copain (blanc). Il est évidemment impeccable, tout comme Ne...