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Vacuous - Katabasis (2020)


Il n'est jamais aisé de chroniquer le premier signe de mort (que précède, au cas particulier, une seule démo) d'un jeune groupe et ce, d'autant plus lorsque celui-ci n'héberge dans ses rangs aucun musicien dont le nom dit quelque chose et que le méfait en question enferme ses viscères dans un format court qui ne franchit que de peu les vingt minutes au jus. Impossible alors de comparer la bestiole avec celles qui l'ont devancée ou d'évoquer une carrière encore balbutiante. Ne reste donc plus que le son. Celui régurgité par Vacuous se veut lourd et cendreux, comme vomi de la terre par une créature malfaisante tapie dans les entrailles infâmes depuis la nuit des temps. EP qui file donc très (trop) vite, Katabasis suffit pourtant à démontrer que le trio londonien a (déjà) tout compris au death metal dont il racle la peau avec une approche old school aussi féroce que venimeuse. Tellurique et abyssal, le fuselage fait trembler les murs, réceptacle d'une brutalité à la fois caverneuse et primaire. Amorce aux accents funèbres quasi death doom, rappelant l'école hollandaise des Asphyx et consorts, 'Katabasis' reflète mal un contenu finalement plus déchainé que rampant même si ce titre ne se montre pas vraiment avare en furieux geysers de sang et de chair, mais les miasmes qui le corrompent demeurent pesantes et fétides. 


'Unmarked Grave' témoigne sans doute davantage de la façon dont les Anglais bétonnent leurs diatribes apocalyptiques, fonçant pied au plancher ce qui ne leur interdit jamais de vertigineuses pénétrations dans les arcanes de la terre, à l'image également de 'Fermentation' au souffle morbide ou de 'Blood Eagle' qui lui aussi, finit par écarter ses lèvres béantes, ouvrant sur un orifice oppressant au fond duquel bouillonne une semence lépreuse et nihiliste. La voix, grumeleuse et bestiale, la batterie, exaltée et bouffeuse d'espace, conduisent ce Katabasis tendu comme une lourde verge striée de sinistres stigmates et dont le méat écoule un foutre nocif qui corrode de haine tout ce qu'il poisse. En cinq saillies et 20 minutes, Vacuous redonne des couleurs, rouges évidemment mais noires tout autant, au death metal de la Perfide Albion qui, à l'écoute de cette hostie vicieuse dégueulée dans ses usines souterraines, n'a jamais aussi bien porté son nom. De fait, selon la formule consacrée, ce trio est à suivre de près, de très près même car on soupçonne en lui un potentiel méphitique et cruel que ces deux premiers rôts n'ont sans doute fait que déflorer. La suite devrait s'annoncer plus rude encore !  (14.12.2020 | LHN) ⍖⍖⍖

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