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Richard Viktorov - A travers les ronces vers les étoiles (1981)


La science-fiction soviétique, littéraire ou cinématographique, est un véritable genre à part entière, agissant comme le miroir de la conquête spatiale que l'U.R.S.S. dispute aux Etats-Unis dans les années 60 et 70, rivalité qui se déporte donc aussi sur les écrans. Mais au début des années 80, la Guerre Froide est en train de s'achever, remportée par les Américains. Ceux-ci ont également gagné la bataille du 7ème art comme l'illustre A travers les ronces vers les étoiles, plus gros succès du cinéma de S.F. soviétique qui pourtant ne peut soutenir la comparaison avec les productions occidentales en général et hollywoodiennes en particulier. 

Malgré de belles images, la physionomie étrange de Niya (Elena Metiolkina), clone humanoïde que des cosmonautes ramènent sur terre et la poésie très particulière du cinéma de science-fiction russe, le film s'étire inutilement durant près de deux heures et demi, lent et répétitif, embarrassé par des effets spéciaux et décors au charme artisanal (au mieux) voire risibles (au pire). Tout du long, Richard Viktorov hésite entre romance (la première partie), humour (la deuxième) et fable écologique (la dernière partie), sans jamais trouver le ton juste, à l'image de la partition de Alexei Rybnikov tour à tour envoûtante ou (trop) guillerette. Loin, tellement loin des œuvres de Andreï Tarkovski (Solaris, Stalker), A travers les ronces vers les étoiles trahit les penchants de son réalisateur pour les spectacles plus enfantins que métaphysiques mais déploie cependant un retable d'une captivante beauté plastique. (vu 29.01.2022) ⍖

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TOP DE LA SEMAINE

Drudkh - Microcosmos (2009)

Nonobstant les qualités réelles de Season Of Mist, on se demande quand même ce que vient faire Drudkh chez l'écurie marseillaise ! Alors certes, une légende telle que Mayhem a rejoint depuis longtemps ce label mais les Ukrainiens se répètent dans un humus bien plus underground que celui des Norvégiens. Pour ceux qui ont découvert cette mystérieuse entité avec la gemme noire qu'est Forgotten Legends en 2003, cette promotion ne peut que laisser perplexe, après tant d'années passées chez Supernal Music, structure plus modeste qui lui convenait bien davantage et qui du reste accueille tous les projets de Roman Saenko, l'âme du "groupe", du regretté Hate Forest à Dark Ages sans oublier Blood Of Kingu. Car Drudkh fait partie de ces formations qui ne peuvent proliférer que dans l'obscurité : ni photos ni crédits dans  des livrets réduits au strict minimum, à des années-lumière donc des digipacks et autre coffret luxueux aujourd'hui de mise. Season Of Mist n...

Kadavar - Rough Times (2017)

Il a suffi aux Allemands d'un seul album, le premier, pour s'imposer comme le chef de file du (hard) rock vintage. Certains jamais contents ne manquent pas depuis de s'interroger sur ce succès, estimant que le trio ne mérite pas plus qu'un autre cette fulgurante ascension. Pourtant, peut-être plus encore que son prédécesseur, le très justement acclamé Berlin , Rough Times apporte la réponse à cette question. Derrière le caractère basique d'une musique brute de décoffrage, ce qui fait d'ailleurs aussi sa force (nous y reviendrons), est tapie une écriture d'orfèvre qui n'oublie jamais qu'un bon titre est celui qui s'accroche à la mémoire comme une sangsue à la peau. Pourtant la défloration de cette troisième rondelle laisse tout d'abord un goût amer dans la bouche, surtout pour qui fut témoin des prestations atomiques délivrées sur scène par 'Lupus' et ses sbires. On attend fiévreusement ces éjaculations guitaristiques dont Kadavar a l...

Paul Maslansky - Sugar Hill (1974)

La Blacksploitation a essaimé dans de nombreux genres, le polar surtout ( Shaft , Coffy etc...), le western mais aussi le fantastique, à l'image de Blacula ou de ce Sugar Hill que réalise Paul Maslansly en 1974, dont c'est la seule incursion derrière la caméra. Ce film puise dans le folklore voodoo pour exploiter le thème des zombies à la sauce black. Quoique sympathique, le résultat ne convainc qu'à moitié à cause de son rythme trop lent et paralysé par les situations répétitives qu'impose le sujet de la vengeance. De fait, timoré en matière d'hémoglobine, il échoue à faire peur. Reste ce cachet typique de la blacksploitation (l'érotisme en moins) tandis que la beauté de Marki Bey, quant à elle, sauve de justesse l'ensemble de l'ennui. (02/12/18) ⍖⍖