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John Huston - African Queen (1952)


De part son esthétique et son atmosphère, ce film réalisé par John Huston en 1952, est une oeuvre unique, imprégnée de l'Afrique aussi bien derrière que devant la caméra. Derrière car, tourné en décors naturels, ce qui est alors exceptionnel, le tournage est chaotique, entre les conditions difficiles et un Huston qui privilégie son obsession d'abattre un éléphant au détriment du film lui-même dont le scénario doit être réécrit plusieurs fois, ce que consignera le scénariste Peter Viertel dans un livre adapté en 1990 par Clint Eastwood sous le nom de Chasseur blanc, coeur noir. Devant car ce cadre tropical confère ce caractère moite et réaliste à ces images en technicolor dues à Jack Cardiff. 

African Queen tire également sa singularité de cette constante opposition entre la nature foncièrement dramatique du récit et la légèreté des rapports entre les deux (anti) héros, entre cette forme de huis-clos et ces espaces ouverts. C'est la connivence et la complémentarité entre Bogart et Hepburn, formidable - quoique surprenant - couple de cinéma, qui dicteront ce ton humoristique, faisant dire à certains qu'il s'agit d'un des films les moins hustoniens de son auteur. L'happy-end inattendue tranche en effet avec la noirceur coutumière du metteur en scène, pourtant l'odyssée initiatique de ces deux personnages porte son incontestable griffe. Dernière histoire d'amour sur fond d'aventures et de guerre, African Queen est inoubliable. (le 23 mars 2017) ⍖⍖⍖




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TOP DE LA SEMAINE

Clint Eastwood - Au-delà (2010)

De tous les films réalisés par Clint Eastwood, Au-delà reste sans doute celui qui a la plus mauvaise réputation, considéré comme un ratage complet par beaucoup de critiques, sauf les Cahiers du Cinéma. Il va sans dire, que je ne partage pas cet avis. Hereafter n'est certes pas sans défaut, on peut lui reprocher une approche de l'au-delà naïve voire caricaturale, une partie française peu convaincante, digne d'un téléfilm. pourtant, Eastwood réussit à ne jamais sombrer, parfois de peu il est vrai, ni dans le pathos ni dans le ridicule qu'imposait ce sujet ô combien casse-gueule, grâce au classicisme élégant de sa mise en scène d'une grande fluidité et en jouant sur les clairs obscurs qui permettent de sauver du risible les séquences de spiritisme. Quelques notes de piano lui suffisent aussi pour peindre la solitude de personnages dont on sent qu'il les aime. Si les scènes du tsunami sont à couper le souffle, de même que celles de l'attentat de Londres, le f...

Doro - Doro (1990)

Si sur le papier, Force Majeure marque le point de départ de la carrière solo de la chanteuse, c’est bien ce disque éponyme - son second - qui incarne ses premiers pas hors de Warlock, son aîné n’ayant pu bénéficier d’une sortie sous la bannière du groupe que pour des raisons essentiellement juridiques. Désireuse ne plus être liée à une seule formation dont elle estime qu‘elle bride sa liberté, Doro décide donc désormais de voler de ses propres ailes, ce que confirme bien le nom de cet opus aux airs de nouveau départ. En outre, le succès aidant, elle fait le choix d’affirmer une "américanisation" de sa musique que Triumph and Agony et Force Majeure avaient déjà entamé. Fini les visuels typés heroic fantasy, la jolie teutonne s’affiche sur la pochette de Doro à la manière d’une chanteuse pop. Autre signe qui ne trompe pas : la présence de Gene Simmons (Kiss, mais est-il besoin de le préciser ?) en tant que producteur exécutif. L’avisé musicien et amateur de belles femmes col...

Paradise Lost - Medusa (2017)

Les vieux cons comme votre serviteur se souviennent encore du jour où ils ont découvert le groupe d'Halifax grâce à ce Lost Paradise matriciel dont la pochette comme sortie des enfers, continue encore de les hanter après tout ce temps. Qui aurait pu croire alors que les Anglais seraient toujours parmi nous (presque) trente ans plus tard ? Peu de monde assurément et sans doute pas les principaux intéressés eux-mêmes. Quinze albums ont coulé sous les ponts depuis 1990 comme autant de jalons d'une carrière en constante mutation. Après le retour au gothic metal qui a fait sa renommée avec Symbol Of Life (2002), Paradise Lost a entamé à partir de Tragic Idol (2012) une descente au fond d'une mine de charbon, glissement dans une obscurité sinistre dont nous pensions que le radical "The Pague Within" l'avait achevé trois ans plus tard. Pourtant, Medusa vient nous rappeler que ses créateurs furent bien au début des années 90 un des trois côtés de la Sainte Trinité ...