Accéder au contenu principal

Mark Herman - Les virtuoses (1997)


Avec The Full Monty, sorti la même année, Les virtuoses incarne le renouveau du cinéma britannique des années 90. Les deux films ont d'ailleurs souvent fait l'objet de comparaison et ce, pour une raison évidente, la similitude du thème qu'ils abordent, à savoir, la crise et son corollaire, le chômage. Néanmoins, quand Peter Cattaneo traite ce sujet grave principalement sur le ton de la comédie, Mark Herman, lui, choisit une forme plus dramatique, plus chargée en émotions, même si non dénuée d'humour. En évoquant le destin d'une fanfare, c'est en réalité toute la vie et le sort d'une petite ville face à la fermeture de sa mine de charbon, dans l'Angleterre (post) tachérienne, qui constituent le nerf du film. A travers le portrait toujours très juste de ses membres, leurs problèmes, leurs réactions face à la menace contre laquelle ils ne peuvent lutter, la fanfare apparaît comme le fil conducteur de cette histoire respirant la sincérité, filmée avec beaucoup de sobriété. A hauteur d'hommes et de femmes. 

Herman aime ses personnages, victimes du monde moderne. Et si ceux-ci sont souvent écrasés par le sort (ce qui nous vaut des scènes réellement déchirantes, comme celles tournant autour de Dany et de son fils), leur triomphe musical, à défaut d'être social, emplit d'une note d'espoir bienvenue ce film sans laquelle il ne serait que noirceur et tragédie. Evidemment, c'est un cliché de le préciser mais il va sans dire que tous les acteurs, qu'ils soient connus ou pas, sont parfaits, criant de vérité et de naturel. Une des qualités du cinéma anglais depuis toujours. Tous méritent des égards, quand bien même la grande composition du film revient au trop rare (et aujourd'hui disparu) Pete Postlethwaite. Cet acteur est grand et son interprétation de Dany, bouleversante. Il rend très bien l'évolution de son personnage jusqu'à sa prise de conscience finale où il semble porter sur ses épaules, tel un étendard, le sort des mineurs et leur droit d'échapper à toute fatalité. Et puis Tara Fitzgerald est vraiment irrésistible ! (vu le 19.09.2021) ⍖⍖⍖⍖



Commentaires

TOP DE LA SEMAINE

Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...