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In Articulo Mortis - Testament (2016)


Les plus vieux d'entre vous se souviendront peut-être de cette horde noire baptisée In Articulo Mortis, auteur, au milieu des années 90, d'une paire de démos, dont Sombre mélancolie, et d'un album, Anthems Of The Sons Of Dusk, qui ne verra finalement jamais le jour, suite à un sabordage survenu trop tôt. Presque vingt ans plus tard, Testament marque moins le retour du groupe que le dernier chapitre d'une histoire dont la brusque conclusion avait laissé un goût d'inachevé en ce sens où il rassemble les titres qui auraient dû composer l'offrande avortée. A son écoute, on ne peut déjà que saluer cette initiative qui permettra à la fois de consoler ceux que la disparition de ses géniteurs a rendu orphelin et de (re)découvrir un groupe dont il est permis de penser que son potentiel n'avait été encore qu'à peine dépucelé. Du coup, certes heureux de pouvoir savourer cette partition qu'on croyait à tout jamais envolée, le sentiment d'avoir raté une carrière qui s'annonçait sous les meilleures auspices, nous plonge en même temps dans une certaine amertume, cependant vite balayée par le plaisir de déguster cet art noir plus éternel qu'anachronique. 

De fait, la défloration de sa ténébreuse intimité nous (re)plonge dans le black metal français des années 90, époque révolue et fantasmée, pleine de charme et de naïveté. Moins torturée et plus mélodique. Témoignage de cette période, Testament est une manière de somme en ce sens où son menu réunit aussi bien des extraits de Sombre mélancolie (La rose et le marbre, Succubus et My Underwater Queen) que des morceaux inédits cependant que Diaboli In Amorem scellait la naissance du groupe. Bien que réenregistrées et parfois modifiées, ces compos soulignent l'évolution d'une écriture qui, au fil des années, s'est enrichie, s'est bonifiée. De par leur architecture plus élaborée, In Articulo Mortis ou Le don obscur, qu'irriguent des lignes entêtantes, dévoilent ainsi les progrès consentis par le groupe qui semblait vouloir alors s'affranchir des règles du genre auxquelles les titres issus de la seconde démo  demeuraient encore quelque peu inféodées, même si Succubus, par exemple, laissait déjà entrevoir de timides velléités d'émancipation, davantage incarnées par ses lignes vocales riches de nuances que par des nappes de claviers typiques de ce style luxuriant. S'il s'avère somme toute peu probable que In Articulo Mortis revienne à la vie, son testament est l'oraison funèbre qu'il méritait en même temps que la récompense inespérée pour tous ceux qui l'ont suivi durant ses jeunes années. Pour les autres, il est un témoignage précieux d'un temps à jamais disparu… (11.09.2016 | LHN) ⍖⍖



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Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...