Accéder au contenu principal

Midnight Odyssey - Funerals From The Astral Sphere (2011)


Quand certains se contentent bien souvent du minimum syndical, d'autres pécheraient presque par excès, à trop vouloir en faire. C'est un peu le cas de Midnight Odyssey, one-man band sorti de la terre australienne en 2007 mais découvert l'an dernier avec sa seconde démo et dont le premier essai agglomère, excusez du peu, seize pistes pour plus de deux heures de musique, le tout se déployant sous la forme d'un double cd ! Et c'est sans compter sur Below The Crevices, galop d'essai de The Crevices Below, projet du même Dis Pater, dont l'érection créatrice ne semble pas prête de se tarir, publié il y a peu ! Alors certes, Firmament, la démo en question, datait en réalité de 2009 mais il n'empêche, on tient encore là un véritable stakhanoviste de l'art noir. Vaguement arrimé à la mouvance dépressive chère à certains de ses compatriotes (le chant hurlé ne manquera ainsi pas d'évoquer le défunt Austere ou Woods Of Desolation), en plus atmosphérique, traits vaporeux tracés par des claviers mangeurs d'espace et une batterie aux teintes (trop) synthétiques, Funerals From The Astral Sphere voit l'Australien solitaire emprunter une voie plus cosmique encore, comme son titre et son artwork le suggèrent. 

Mais qu'il est difficile d'entrer dans cet album bourré jusqu'à la gueule, qui plus est animé par des compositions qui n'hésitent souvent pas à dépasser les dix minutes au compteur, durées excessives qui ne sont pas pour faciliter l'appréhension d'une oeuvre pantagruélique dont on a toutefois l'impression que son auteur a cherché à remplir au maximum jusqu'à en faire exploser les coutures. S'il aurait forcément mérité de nombreux coups de ciseaux, Funerals From The Astral Sphere n'en est pas moins riche de bons moments, il égrène un Black Doomy et atmosphérique distillant un petit charme, celui de la série B, de l'artisanat passionné. Il y a par exemple ce "Lost" aux accents arcaniens où le maître des lieux se glisse dans l'ombre de Peter Bjargö, référence également de mise sur "Never To Return". Il y a les 12 minutes de "Fallen From Firmament", voyage épique et astral qui n'est pas sans beauté. Aux portes de l'Ambient ("Those Who Linger At Night"), déroulant une trame souvent aussi lancinante que répétitive, Midnight Odyssey ne peut donc néanmoins échapper à une forme d'ennui sinon de lassitude. Combien il aurait été profitable à ces bons titres de se répartir sur deux albums distincts plutôt que de vouloir à tout prix les serrer sur un seul et ce, quand bien même, une même couleur de nébuleuse lointaine les cimentent. Saluons toutefois la générosité du bonhomme ! (2011 | LHN) ⍖⍖

Commentaires

TOP DE LA SEMAINE

Clint Eastwood - Au-delà (2010)

De tous les films réalisés par Clint Eastwood, Au-delà reste sans doute celui qui a la plus mauvaise réputation, considéré comme un ratage complet par beaucoup de critiques, sauf les Cahiers du Cinéma. Il va sans dire, que je ne partage pas cet avis. Hereafter n'est certes pas sans défaut, on peut lui reprocher une approche de l'au-delà naïve voire caricaturale, une partie française peu convaincante, digne d'un téléfilm. pourtant, Eastwood réussit à ne jamais sombrer, parfois de peu il est vrai, ni dans le pathos ni dans le ridicule qu'imposait ce sujet ô combien casse-gueule, grâce au classicisme élégant de sa mise en scène d'une grande fluidité et en jouant sur les clairs obscurs qui permettent de sauver du risible les séquences de spiritisme. Quelques notes de piano lui suffisent aussi pour peindre la solitude de personnages dont on sent qu'il les aime. Si les scènes du tsunami sont à couper le souffle, de même que celles de l'attentat de Londres, le f...

Doro - Doro (1990)

Si sur le papier, Force Majeure marque le point de départ de la carrière solo de la chanteuse, c’est bien ce disque éponyme - son second - qui incarne ses premiers pas hors de Warlock, son aîné n’ayant pu bénéficier d’une sortie sous la bannière du groupe que pour des raisons essentiellement juridiques. Désireuse ne plus être liée à une seule formation dont elle estime qu‘elle bride sa liberté, Doro décide donc désormais de voler de ses propres ailes, ce que confirme bien le nom de cet opus aux airs de nouveau départ. En outre, le succès aidant, elle fait le choix d’affirmer une "américanisation" de sa musique que Triumph and Agony et Force Majeure avaient déjà entamé. Fini les visuels typés heroic fantasy, la jolie teutonne s’affiche sur la pochette de Doro à la manière d’une chanteuse pop. Autre signe qui ne trompe pas : la présence de Gene Simmons (Kiss, mais est-il besoin de le préciser ?) en tant que producteur exécutif. L’avisé musicien et amateur de belles femmes col...

Paradise Lost - Medusa (2017)

Les vieux cons comme votre serviteur se souviennent encore du jour où ils ont découvert le groupe d'Halifax grâce à ce Lost Paradise matriciel dont la pochette comme sortie des enfers, continue encore de les hanter après tout ce temps. Qui aurait pu croire alors que les Anglais seraient toujours parmi nous (presque) trente ans plus tard ? Peu de monde assurément et sans doute pas les principaux intéressés eux-mêmes. Quinze albums ont coulé sous les ponts depuis 1990 comme autant de jalons d'une carrière en constante mutation. Après le retour au gothic metal qui a fait sa renommée avec Symbol Of Life (2002), Paradise Lost a entamé à partir de Tragic Idol (2012) une descente au fond d'une mine de charbon, glissement dans une obscurité sinistre dont nous pensions que le radical "The Pague Within" l'avait achevé trois ans plus tard. Pourtant, Medusa vient nous rappeler que ses créateurs furent bien au début des années 90 un des trois côtés de la Sainte Trinité ...