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Doro - Fight (2002)


Enfin, elle a compris ! Oui, enfin Doro a compris que si ses errements indus de la seconde moitié des années 90 ont parfois pu aboutir sur quelques (rares) réussites, notamment sur Machine II Machine, ce n’est tout simplement pas cette direction artistique qui lui sied le mieux, et qui plait encore moins à ses amoureux. En 2000, Calling The Wild lui permet de renouer avec son public en marquant un net retour sur des fondamentaux qu‘elle n‘aurait sans doute jamais dû abandonner. Et comme on ne change pas une recette qui gagne, Fight, lui succède en creusant un même sillon. Indice qui ne trompe pas, son visuel renvoie clairement à l’époque bénie de Triumph And Agony (Warlock) ou de Force Majeure. Par ailleurs, la chanteuse reste fidèle à l’alternance éprouvée mais efficace entre hymnes électriques et ballades néanmoins puissantes, tandis qu’un titre dans sa langue maternel vient comme toujours se glisser au milieu de ce menu classique. Ceci étant dit, à l’instar de son prédécesseur, on ne saurait résumer ce huitième album solo à un simple retour en arrière. La Doro version années 2000 n’est ni nostalgique ni prête à entrer dans une maison de retraite. Au contraire, jamais, son heavy metal n’a arboré une armure aussi lourde. 


Il suffit d’écouter le dark et doomy "Descent", fruit de ses ébats avec l’organe du défunt Peter Steele (Type O Negative) pour mesurer le chemin parcouru depuis True As Heart ! Il reste donc bien quelque chose des expérimentations passées. Malgré les roucoulades "Undying" ou "Fight By Your Side"qui ne sont pas ce qu‘elle a fait de mieux, la blonde ne s’est pas assagi. Multipliant les collaborations fructueuses (avec Jean Beauvoir, Russ Ballard, Chris Caffery…), Fight met l’accent sur les mid-tempo superbes (par exemple la reprise du "Legends Never Die", écrit par Gene Simmons pour Wendy O Williams, "Rock Before You Bleed" ou bien encore le pesant et bien nommé "Sister Darkness"). Les tubes ne sont pas absents non plus, comme le prouvent le puissant "Fight", "Always Live To Win", plus tard utilisé par la boxeuse allemande Regina Almich en guise d’ouverture de ses combats, sans oublier "Salvaje". En dépit d’une fin de parcours plus poussive car pourvue de titres moins forts, Fight confirme donc la bonne santé métallique de Doro qui assoit sa posture à la fois d’icône et de mère de sa famille de cœur. Il faudra patienter ensuite quatre ans pour savourer son successeur, Warrior Soul, délai franchement inhabituel pour cette stakhanoviste... (06.09.2010 | MW) ⍖⍖

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TOP DE LA SEMAINE

Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...