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Deathspell Omega - Veritas Diaboli Manet in Aeternum: Chaining the Katechon (2008)


Veritas Diaboli Manet In Aeternum : Chaining The Katechon
ne s’étire que sur une vingtaine de minutes. Ce n’est pas grave car autant pour un autre groupe que Deathspell Omega, cette durée aurait sans doute été préjudiciable avec un goût de trop peu, autant les Français, eux, parviennent à conserver une densité terrifiante même avec un format aussi court. Composé d’une seule et unique piste, on peut même affirmer qu’une poignée de lignes ne suffirait pas à détailler ce EP tant celui-ci fourmille, grouille de détails, d’arrangements, de visions cauchemardesques et dérangeantes. Avec sa brutalité viscérale coutumière, Deathspell Omega ouvre les vannes d’un black metal qui échappe à toute classification, à toute chapelle. A toute comparaison également. A la fois ultra violent, intense et rapide sans que certains atours mélodiques ne réussissent pourtant à se glisser dans ce maelström suffocant, « Chaining The Katechon » intrigue, met mal à l’aise et envoûte. C’est un labyrinthe où l’air est vicié, qui vous happe, vous régurgite et vous recrache. 

Et en dépit de sa laideur affichée, des dissonances que dessinent les guitares, il y a une vraie beauté un peu vicieuse (lors des ultimes mesures notamment) enfouie sous ces strates rongées par une vermine malfaisante. Sans oublier, une noirceur désespérée qui semble témoigner d’une inexorabilité terminale. Tellement loin, à l’instar d’un Seth jamais remplacé, du satanisme bas du plafond que bien trop de hordes vomissent à longueur d’étrons produit avec des moufles, cette mystérieuse entité (on ne sait que bien peu de chose quant à l’identité de ses membres) honore un occultisme plus philosophique que bêtement blasphématoire. De fait, je vous invite à lire les paroles très élaborées jointe dans le livret. Deathspell Omega fait partie de ces groupes qui ne laissent pas indifférents, qui divisent la communauté (et c’est très bien ainsi) et ce Veritas Diaboli Manet In Aeternum ne devrait pas calmer les esprits étriqués et les Ayatollahs de la cause noire. Pourtant, à sa manière presque élitiste, le groupe reste plus que jamais fidèle à l’étique première du black metal, à savoir exhorter les forces des ténèbres et tracer sa propre voie à des années-lumière des modes et du conformisme ambiant. Une leçon. (2009 | MW) ⍖⍖⍖



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TOP DE LA SEMAINE

Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...