On aime bien Luigi Batzella. Pour Les vierges de la pleine lune (1973) dont il partagerait semble-t-il la paternité avec Joe d'Amato. Pour son fameux Holocauste Nazi surtout, fleuron (?) de la nazisploitation. Batzella, c'est aussi tout le (petit) charme du bis italien des années 60 et 70 où les metteurs en scène alternaient les pseudonymes comme les genres cinématographiques, passant au gré des modes du western au film de guerre, du fantastique à l'érotisme. 1001 nuits à Istanbul est sa deuxième réalisation. Eurospy tardif, il confirme que ce sous-genre n'est décidément pas ce que les Italiens ont mitonné de plus inspiré. Agguato Sul Bosforo rappelle aussi que ces derniers ont toujours eu l'art de nous tromper avec des affiches appétissantes, avec jolie pépée, héros viril et action, mais trompeuses, écrin excitant d'un contenu qui l'est souvent beaucoup moins.
Enfin, ce film illustre ce qui, contrairement au cinéma américain, manque généralement à ces bobines de la péninsule, à savoir un scénario solide et inventif. Ajoutons à cela un premier rôle masculin inodore (Gino Turini) et l'absence de sales gueules comme on les aime et le résultat ne peut qu'être très mineur. Dommage pour la mise en scène de Luigi Batzella, plutôt rythmée, pour une photographie recherchée, soignant les éclairages intérieurs et pour la partition de Stelvio Cipriani presque trop réussie pour un film de ce calibre. Dommage aussi pour Kathia Kelly qui pimente de sa beauté cette série B qui, encore une fois, comme beaucoup d'autres spécimens du bis italien, se voit sauvé par la sensualité qu'elle exsude par petites touches suaves. (12.06.2023) ⍖



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