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Luigi Batzella - 1001 nuits à Istanbul (1969)


On aime bien Luigi Batzella. Pour Les vierges de la pleine lune (1973) dont il partagerait semble-t-il la paternité avec Joe d'Amato. Pour son fameux Holocauste Nazi surtout, fleuron (?) de la nazisploitation. Batzella, c'est aussi tout le (petit) charme du bis italien des années 60 et 70 où les metteurs en scène alternaient les pseudonymes comme les genres cinématographiques, passant au gré des modes du western au film de guerre, du fantastique à l'érotisme. 1001 nuits à Istanbul est sa deuxième réalisation. Eurospy tardif, il confirme que ce sous-genre n'est décidément pas ce que les Italiens ont mitonné de plus inspiré. Agguato Sul Bosforo rappelle aussi que ces derniers ont toujours eu l'art de nous tromper avec des affiches appétissantes, avec jolie pépée, héros viril et action, mais trompeuses, écrin excitant d'un contenu qui l'est souvent beaucoup moins. 


Enfin, ce film illustre ce qui, contrairement au cinéma américain, manque généralement à ces bobines de la péninsule, à savoir un scénario solide et inventif. Ajoutons à cela un premier rôle masculin inodore (Gino Turini) et l'absence de sales gueules comme on les aime et le résultat ne peut qu'être très mineur. Dommage pour la mise en scène de Luigi Batzella, plutôt rythmée, pour une photographie recherchée, soignant les éclairages intérieurs et pour la partition de Stelvio Cipriani presque trop réussie pour un film de ce calibre. Dommage aussi pour Kathia Kelly qui pimente de sa beauté cette série B qui, encore une fois, comme beaucoup d'autres spécimens du bis italien, se voit sauvé par la sensualité qu'elle exsude par petites touches suaves.  (12.06.2023) ⍖


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TOP DE LA SEMAINE

Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...