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Charles Vidor - La chanson du souvenir (1945)


De la vie de Louis Pasteur à celle d'Emile Zola, Hollywood a très tôt été friand des récits biographiques. Musiciens et compositeurs n'ont pas échappé à l'exercice, que l'on songe à Glenn Miller (Romance inachevée d'Anthony Mann) ou Richard Wagner (Feu magique de William Dieterle). Biopic consacré à Frédéric Chopin, La chanson du souvenir est l'un d'entre eux. Charles Vidor le réalise pour la Colombia un an avant son mythique Gilda qui demeure son principal titre de gloire. Bien que salué par l'académie des oscars qui lui attribua six nominations,  A Song To Remember n'emporte pourtant pas totalement l'adhésion. L'image est chatoyante, les décors délicieusement kitch (ce Paris fantasmé de cartes postales digne d'une comédie musicale), la musique, interprétée par le grand pianiste José Iturbi (et adaptée par Miklós Rózsa) mais la vie de Chopin est retracée de manière trop romancée et surtout fantaisiste. A aucun moment, le film ne parvient à saisir réellement la personnalité du compositeur polonais dans la peau duquel ne parvient jamais à entrer Cornel Wilde, comédien au demeurant sympathique dont les cinéphiles gardent avant tout le souvenir de Ambre d'Otto Preminger et de solides films noirs (La femme aux cigarettes, Association criminelle) ou d'action qu'il a parfois réalisés (La proie nue, Terre brûlée dans lequel il ne joue pas). 


Sa nomination aux Oscars est surprenante tant il se montre effacé, coincé au surplus entre un Paul Muni écrasant et une Merle Oberon sombrement magnétique. Le premier campe Joseph Elsner, le mentor de Chopin, auquel le scénariste prête une importance qu'il n'a pas eu (il n'a jamais accompagné son élève à Paris), la seconde incarne une George Sand plus possessive qu'elle ne fut, à l'influence négative là encore exagérée et dont Chopin s'était séparé deux ans avant que la mort ne vienne le cueillir, contrairement à ce qui est montrée à l'écran. L'incroyable effervescence artistique dont Paris est alors l'épicentre n'est qu'esquissée, tout comme les événements qui ensanglantent la mère patrie du pianiste. (Trop) centré sur le personnage d'Elsner que phagocyte totalement Paul Muni (ceci expliquant sans doute cela), La chanson du souvenir ne dépeint donc pas de façon fidèle la vie de Chopin qu'elle relègue quasiment au second plan par surcroît. Quoique sans âme ni souffle et dont est absent de génie du musicien, il reste malgré tout un beau livre d'images qu'un Technicolor moiré rend fascinantes. (28.06.2023) ⍖⍖

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Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...