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Clint Eastwood - L'épreuve de force (1977)


Avec Clint Eastwood, les choses sont rarement ce qu’elles ont l’air d’être. A première vue, L’épreuve de force semble être un polar de série, mettant en scène un flic incorruptible, sorte de cousin de Harry Callahan. Pourtant, Ben Shockley n’est pas l’inspecteur Harry et cette sixième réalisation de l’acteur développe une trajectoire beaucoup moins linéaire que les différents opus de la série des Dirty Harry. L’épreuve de force constitue en fait la première variation autour du personnage de flic interprété jusqu’alors par Clint, avant La corde raide (Richard Tuggle [1984]) et La relève (1990). Dès les premières images, Shockley apparaît mal rasé, débraillé et puant sans doute l’alcool. C’est un bon flic mais il se retrouve manipulé par ses supérieurs, qui lui  une mission bidon. C'est un paumé, un perdant, à la vie privé dévastée, ce qu’infirme la magnifique affiche originale conçue par Frank Frazetta, représentant un Clint triomphant l’arme à la main, devant un bus criblé de balles. 


L’épreuve de force compte la renaissance, la rédemption de ce héros, quand bien même ce n’est pas lui qui tue son ennemi mais la prostituée qu’il est chargé de ramener pour un procès. On retrouve donc dans ce film l’affection de Clint pour des perdants non dénués de dignité et qui se battent pour s’en sortir. Au delà de ce sujet, le film, rythmé par la superbe musique de Jerry Fielding, possède tous les ingrédients indispensable pour faire un bon polar : de superbes scènes d’action, tournées avec la nervosité et le talent coutumiers de la star (la poursuite en moto par un hélicoptère, l’entrée du car dans la ville de Phoenix qui est un grand moment de cinéma), des dialogues percutants, des méchants particulièrement gratinés…Le tandem constitué par l’acteur et sa compagne de l’époque fonctionne très bien et offre des séquences très savoureuses (la rencontre dans la prison, la grotte…). Ce n'est pas pour rien qu'il s'agit du Eastwood préféré de Alain Corneau ! (26.06.2016) ⍖⍖⍖



Commentaires

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