Adaptation fidèle d’un roman de Michael Crichton paru en 1969, Le mystère Andromède relate la mission confiée à un groupe de quatre scientifiques visant à identifier un virus d’origine extraterrestre qui s’est propagé suite au crash d’un satellite américain chargé de collecter des micro-organismes inconnus. Ceux qui s’attendent à un film catastrophe bactériologique à gros sabots comme Virus (1980) ou plus tard Alerte ! (1994) risquent d’être fortement déçus par les partis-pris radicaux choisis par Robert Wise qui troque volontairement les acteurs de renom pour d’obscurs seconds couteaux peu enthousiasmants (heureusement doublés en français par les chevronnés Jean-Claude Michel, François Darbon, Paule Emanuele, Raymond Loyer ou Evelyne Séléna) et l’action pour une approche cérébrale et minutieuse. Passé un générique prometteur par ses relents anxiogènes et une entame ad hoc, le film s’installe ensuite dans un huis clos claustrophobique fourni par la base souterraine dans les entrailles de laquelle s’enferment les chercheurs afin d’isoler le virus et d’entreprendre la décontamination. C’est parfois réussi (Robert Wise utilise adroitement ce décor unique dont il restitue l’espace confiné par des angles et cadrages étranges) mais souvent austère aussi (la présentation de la base paraît interminable) et il faut patienter jusqu’au dernier quart d’heure de ses 130 (trop longues) minutes de bobine pour que le suspense s’emballe vraiment, lorsque qu’un des scientifiques, ne disposant que de quelques minutes, doit stopper le processus de destruction de la base.
En fait, Le mystère Andromède est un film de son temps. Son esthétique, sa mise en scène (écrans morcelés, courtes focales) et la façon dont l’informatique, machines menaçantes, envahit l’écran, l’inscrivent dans la continuité des œuvres de SF de l’époque (2001 : L’odyssée de l’espace et consorts) tandis que la dénonciation (timide) d’expériences scientifiques secrètes et mortifères diligentées par le gouvernement, si elle rencontre évidemment un certain écho aujourd’hui alors que les cicatrices laissées par la pandémie de Covid-19 sont encore vives, le raccroche au cinéma paranoïaque des années 70, plein de ces complots ourdis par des pouvoirs tentaculaires qui manigancent dans l’ombre, à l’instar de La théorie des dominos ou de L’ultimatum des trois mercenaires. The Andromeda Strain n’en demeure pas moins frustrant par son refus du spectaculaire et sa froideur hermétique, certes louables, mais qui rendent en définitive ennuyeux cette histoire de virus extraterrestre dont Robert Wise, malgré son assurance, échoue à presser toute la dangerosité hostile. (05.02.2015) ⍖⍖
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