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Robert Wise - Le mystère Andromède (1971)


Adaptation fidèle d’un roman de Michael Crichton paru en 1969, Le mystère Andromède relate la mission confiée à un groupe de quatre scientifiques visant à identifier un virus d’origine extraterrestre qui s’est propagé suite au crash d’un satellite américain chargé de collecter des micro-organismes inconnus. Ceux qui s’attendent à un film catastrophe bactériologique à gros sabots comme Virus (1980) ou plus tard Alerte ! (1994) risquent d’être fortement déçus par les partis-pris radicaux choisis par Robert Wise qui troque volontairement les acteurs de renom pour d’obscurs seconds couteaux peu enthousiasmants (heureusement doublés en français par les chevronnés Jean-Claude Michel, François Darbon, Paule Emanuele, Raymond Loyer ou Evelyne Séléna) et l’action pour une approche cérébrale et minutieuse. Passé un générique prometteur par ses relents anxiogènes et une entame ad hoc, le film s’installe ensuite dans un huis clos claustrophobique fourni par la base souterraine dans les entrailles de laquelle s’enferment les chercheurs afin d’isoler le virus et d’entreprendre la décontamination. C’est parfois réussi (Robert Wise utilise adroitement ce décor unique dont il restitue l’espace confiné par des angles et cadrages étranges) mais souvent  austère aussi (la présentation de la base paraît interminable) et il faut patienter jusqu’au dernier quart d’heure de ses 130 (trop longues) minutes de bobine pour que le suspense s’emballe vraiment, lorsque qu’un des scientifiques, ne disposant que de quelques minutes, doit stopper le processus de destruction de la base. 


En fait, Le mystère Andromède est un film de son temps. Son esthétique, sa mise en scène (écrans morcelés, courtes focales) et la façon dont l’informatique, machines menaçantes, envahit l’écran, l’inscrivent dans la continuité des œuvres de SF de l’époque (2001 : L’odyssée de l’espace et consorts) tandis que la dénonciation (timide) d’expériences scientifiques secrètes et mortifères diligentées par le gouvernement, si elle rencontre évidemment un certain écho aujourd’hui alors que les cicatrices laissées par la pandémie de Covid-19 sont encore vives, le raccroche au cinéma paranoïaque des années 70, plein de ces complots ourdis par des pouvoirs tentaculaires qui manigancent dans l’ombre, à l’instar de La théorie des dominos ou de L’ultimatum des trois mercenaires. The Andromeda Strain n’en demeure pas moins frustrant par son refus du spectaculaire et sa froideur hermétique, certes louables, mais qui rendent en définitive ennuyeux cette histoire de virus extraterrestre dont Robert Wise, malgré son assurance, échoue à presser toute la dangerosité hostile. (05.02.2015) ⍖⍖


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Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...