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Moonspell - Sin / Pecado (1998)


Qu’il semble loin le temps où Moonspell sortait sur le tout jeune label hexagonal underground, Adipocère, son premier effort, le cultissime Under The Moonspell ! Le petit groupe né au Portugal (ce qui n’est pas si fréquent dans le monde du metal) a depuis parcouru du chemin, en très peu de temps, qui plus est. Il aura en effet fallu deux albums, Wolfheart et Irreligious, pour l’imposer. Et il n’y a pas besoin de se passer en boucle cette nouvelle galette plus d’une fois, pour lui prédire un avenir radieux. Bien que le black metal des prémices paraît loin aujourd’hui, le groupe poursuit l’évolution entamée avec Irreligious tout en entraînant sa musique vers les rivages du metal gothic, celui défendu par Tiamat, son compagnon de label, par exemple, et en gommant certains atours dark. Bref, Moonspell devient - attention, un gros mot va être lâché – plus commercial, plus accessible aussi sans pour autant perdre de sa noirceur et de sa puissance. Sombre certes, l’origine géographique des musiciens n’a pourtant jamais autant transpiré. 


Sin / Pecado cultive donc le paradoxe d’être un pur disque de gothic dark tout en irradiant une chaleur toute méditerranéenne, à l’image de l’envoûtant « Magdalene ». Sa superbe et inoubliable pochette participe aussi de cette dualité.  La qualité – celle de savoir composer de vraies chansons -, déjà perceptible sur les productions précédentes, sautent ici carrément aux oreilles. « 2econd Skin », le gigantesque « Abysmo » (sans doute le meilleur titre jamais enfanté par les Portugais), « Magdalene », « V.C. (Gloria domini) », l’hypnotique « EuroticA » , sans oublier l’imparable « Dekadance », sont des tubes en puissance ; imparables, ils s’insinuent en vous pour ne plus vous quitter. Aucun temps morts, que du bonheur. Toujours aidé par Waldemar Sorychta et Siggi Bemm, on sent que Moonspell s’est littéralement transcendé, pour atteindre une autre dimension. Il est ainsi parvenu à franchir un nouveau palier, celui qui sépare la série B de ceux qui écrivent l’Histoire du metal. Le prochain album devrait en toute logique voir le groupe exploser pour de bon. Une des œuvres majeures de l’année 98, voire même de la décennie, tout simplement. (03.08.2007) ⍖⍖⍖⍖

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Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...