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Blackmore's Night - The Village Lanterne (2006)


Cinquième album du projet folklorique médiéval emmené depuis 1997 par le ténébreux guitar hero Ritchie Blackmore et sa douce, Candice Night, The Village Lanterne s'inscrit dans la continuité du précédent opus, le déjà merveilleux Ghost Of A Rose. On a vraiment l'impression à l'écoute de ces deux galettes que le couple a trouvé la bonne formule entre le rock et le folk et qu'il s'agit dorénavant du fruit d'un véritable groupe, quand bien même les musiciens (tous fantastiques et talentueux, mais avec Blackmore, comment pourrait-il en être autrement ?) qui l'accompagnent restent forcément en retrait par rapport au fameux duo. Surtout, la musique se fait, et pour notre plus grand plaisir, de plus en plus électrique, Ritchie n'hésitant pas à décocher des soli ravageurs sur plusieurs compos : "I Gess It Doesn't Matter Anyone", "St. Theresa", "Mond Tanz / Child In Time" (oui, vous ne rêvez pas), "Just Call My Name" et "Street Of Dreams" (alors là, l'orgasme nous guette). 


Le guitariste prouve ainsi à ses détracteurs - et Dieu sait qu'ils se sont multipliés depuis qu'il a abandonné le hard rock - que ses talents de composition et de jeu demeurent intacts. Il faut vraiment être sourd pour ne pas s'en rendre compte ! Sinon, pour la première fois depuis la seconde offrande, Under The Violet Moon, sur lequel figurait une relecture de "Self Portrait", Ritchie offre deux reprises de son ancien répertoire : "Child In Time" pour Deep Purple - excellente, avec une performance vocale mémorable des deux choristes Lady Nancy et Lady Madeline - et "Street Of Dreams" pour Rainbow. L'adjonction de ces deux classiques contribue à faire de The Village Lanterne une sorte de synthèse, de résumé de la carrière de l'homme en noir. Blackmore's Night livre donc à nouveau un album romantique, splendide et de bon goût, qui ravira les fans et, espérons-le, incitera les réfractaires au groupe, à le découvrir. A noter que, cerise sur le gâteau, l'édition limitée du disque renferme une seconde version de "Street Of Dreams", sur laquelle Joe Lynn Turner, l'ancien chanteur de l'Arc-en-ciel, partage le chant avec Candice. (2006) ⍖⍖⍖⍖

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TOP DE LA SEMAINE

Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...