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Burning Witches - The Circle Of Five (2020)


Malgré sa jeunesse, Burning Witches a déjà connu plusieurs départs dans ses rangs. Après celui de la guitariste Alea Wyss (en 2018) et de la chanteuse Seraina Telli l'année suivante, c'est au tour de la fine lame Sonia Nusselder, par ailleurs très appréciée des fans, de faire sa valise ! Et comme elles l'avaient fait avec Wings Of Steel, alors chargé de soumettre au public la hurleuse Laura Guldemond , les tigresses se fendent aujourd'hui d'un EP afin de présenter leur nouvelle parure. Espérons que cette énième incarnation avec Larissa Ernst à la seconde guitare soit (enfin) la bonne. Produit hydride, The Circle Of Five n'est malheureusement guère prometteur et nous laisse craindre une instabilité récurrente autour des historiques Romana Kalkuhl (guitares), Jeanine Grob (basse) et Lala Frischknecht (batterie). L'inédit qui donne son nom à cette maigre rondelle n'est pas en cause, solide bustier enfermant un heavy metal à la Judas Priest qui voit les belles sortir leurs lourdes griffes et Laura s'époumoner à la manière de Rob Halford. Garni de chœurs fédérateurs, le refrain taille dans la peau de durables cicatrices. Un bon titre donc. 


Mais les trois chansons suivantes, banales relectures acoustiques de "classiques" du répertoire des Suissesses, nées durant la période de confinement que la crise sanitaire a imposée presque partout, séduisent beaucoup moins, notamment 'We Eat Your Children' qui frôle le ratage ou la faute de goût. Ou les deux. Si ce déshabillage réussit davantage à 'Dance With The Devil' et à 'Black Magic', le résultat mou du genou n'en prouve pas moins que les Amazones ne sont jamais aussi bonnes que lorsqu'elles montrent les crocs. Ainsi, cet objet purement mercantile, accouché à la va-vite, témoigne que le registre osseux ne sied guère à leur heavy nacré de mélodies juteuses. Bien que proposés dans une forme dénudée, ces titres sont bien sûr suffisamment charpentés pour demeurer agréables mais ne rendent pour autant pas indispensable, loin de là, ce Circle Of Five finalement plutôt décevant et dont on ne perçoit ni l'utilité ni à qui il peut s'adresser si ce n'est aux fans les plus mordus que même des miettes parviennent à rassasier. Si on ne saurait juger l'avenir d'un groupe sur la base d'un simple mini album, espérons que Burning Witches fasse néanmoins preuve de plus d'inspiration sinon de réussite au moment d'enfanter le successeur de Dance With The Devil... (06.12.2020 | MW) ⍖

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TOP DE LA SEMAINE

Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...