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Blackmore's Night - Dancer And The Moon (2013)


Est-il encore besoin de présenter Blackmore's Night ? Sans doute que non. Il convient par contre d'énoncer un fait en guise de préambule à cette chronique : avec neuf albums studio dans sa besace en comptant ce petit dernier ainsi que le maigrelet Winter Carols mais en mettant donc de côté les lives et autres DVD semée durant une carrière qui a déjà soufflé ses quinze bougies, le groupe se révèle être la plus longue séquence dans le parcours chaotique de l'Homme en noir dont les précédentes activités n'ont jamais dépassé la dizaine d'années, que ce soit avec Deep Purple ou bien Rainbow. On l'a déjà dit mais répétons-le, avec Blackmore's Night, Ritchie a (enfin) trouvé une stabilité, mieux, une harmonie dont peu pensaient après les retours avortés du Purple Mark II et de l'Arc-en-Ciel qu'elles finiraient par l'animer. Pour qui l'a vu jouer depuis 1997, l'impression d'un homme heureux, qui se fait avant tout plaisir, s'impose, quand bien même, figure éternellement taciturne, il reste ce personnage ombrageux. Cette stabilité se lit notamment à travers la régularité avec laquelle le couple accompagné de ménestrels plus ou moins fidèles, se fend d'un nouvel opus tous les trois ans désormais. Certaines mauvaises langues, bien entendu, ne manqueront pas d'arguer que les différences entre chaque livraison sont pour le moins minimes, le duo se contentant de reproduire une recette inchangée depuis le séminal Shadow Of The Moon. Ce n'est pas faux mais si le style est immuable, la qualité l'est heureusement aussi, toujours au rendez-vous même si certains albums se détachent (un peu) plus que d'autres tels que The Village Lanterne ou Secret Voyage


Après un Autumn Sky qui n'apportait il est vrai pas grand chose de neuf, donnant parfois même l'impression de réchauffer des mélodies déjà utilisées auparavant, Dancer And The Moon s'avère être un très bon cru. Sans surprise, titres épiques, ballades acoustiques ("Troika"), courtes pièces instrumentales ("Minstrels In The Hall") et reprises du répertoire passé du guitariste ou pas, se marient ou se fondent en une farandole joyeuse et chamarrée, équilibre habile entre cartouches enlevées et respirations épurées. Malgré une Candice évidemment parfaite et égale à elle-même, ce sont bien sûr vers Blackmore que les oreilles sont braquées, à la recherche comme toujours de vestiges de cette flamboyance de jadis qui en fait ne l'a jamais quitté. Contre toute attente, les fans du Ritchie électrique seront aux anges puisque que de nombreux titres le voient ressortir sa légendaire Stratocaster, comme en témoigne le diptyque "Somewhere Over The Sea"/The Moon Is Rising". Mention particulière au final "Carry On... Jon", instrumental qui, comme son nom l'indique, se veut un hommage à l'ancien compère du guitariste au sein de Deep Purple, qu'ils fondèrent tous les deux, il est bon de le rappeler. En cinq minutes, il distille plus d'émotion, plus de feeling que toute la discographie d'Yngwie Malmsteen réunie, démontrant si besoin en était encore qu'il n'a absolument rien perdu de son superbe touché. Cette composition qui voit aussi Bard David Of Larchmont se fendre d'un solo d'orgue Hammond à la manière du maître, aurait pu trouver sa place sur un album de Rainbow des années 80 sans aucun problème. Au rang des reprises, plus que celle de Randy Newman ("I Think It's Going To Rain Today"), "Lady in Black" d'Uriah Heep (on sait combien Ritchie a toujours apprécié Ken Hensley) et "Temple Of The King" (de L'arc-en-ciel donc) sont des réussites. Enfin, pour achever ce tour du propriétaire, il convient de citer l'entraînant titre éponyme et sa plongée champêtre dans les temps anciens. Album classique certes, Dancer And The Moon enrichit d'un gemme supplémentaire une carrière impeccable, comblant plus qu'il ne faut, l'amateur. Que demander de plus ? (23.07.2013 | MW) ⍖⍖⍖

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