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Moonspell - The Butterfly Effect (1999)


Under The Moonspell, Wolfheart, Irreligious, Sin / Pecado : voilà un début de carrière sans faux pas pour les Portugais qui ont toujours su progresser, évoluer, nous étonner parfois, nous combler, toujours. Et alors qu’il est enfin parvenu à récolter les fruits du succès suite au très bon accueil reçu par Sin / Pecado, le groupe décide de surprendre tout le monde en livrant un nouvel album qui n’est en rien une resucée de ses prédécesseurs. Ni retour au black des débuts, ni plus commercial que son aîné d’un an, The Butterfly Effect trace tout simplement une voie qui lui est propre ; il reprend les bases établies par les premières offrandes ; mais il les malaxe, les développe différemment. Moins accessible, plus dur, encore plus sombre que ce à quoi il nous a habitué jusqu’alors, Moonspell n’a donc pas opté pour la facilité, choix que l’on ne peut que saluer. 


Sa patte, son empreinte est toujours reconnaissable entre mille, notamment grâce au chant si singulier de Fernando Ribeiro, tour à tour charmeur ou rageur, mais il n’hésite pas pour autant à colorer sa palette sonore d’influences inédites (touches jazzy, samples, bruitages divers, rythmiques tribales…) qui confèrent à The Butterfly Effect un aspect moderne évident. Il va sans dire que de nombreuses écoutes se révèlent nécessaires pour appréhender toute les richesses de ce disque courageux, bien que non exempt de maladresses, qui ne se livre pas aussi facilement que nombre de productions contemporaines. Et quand bien même tous les titres ne sont pas du même tonneau, comment ne pas succomber, comment ne pas être envoûté par les poèmes noirs que sont « Soulsick », « Can’t Be », « Lustmord », « Disappear Here » et surtout le monumental « Tired », point d’orgue de cette bande son nihiliste au parfum de soufre prononcé ? L’avenir nous dira si The Butterfly Effect marque un nouveau chapitre dans la carrière du groupe, une nouvelle voie, ou bien s’il ne s’agit que d’une parenthèse… (02.08.2007) ⍖⍖

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TOP DE LA SEMAINE

Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...