Under The Moonspell, Wolfheart, Irreligious, Sin / Pecado : voilà un début de carrière sans faux pas pour les Portugais qui ont toujours su progresser, évoluer, nous étonner parfois, nous combler, toujours. Et alors qu’il est enfin parvenu à récolter les fruits du succès suite au très bon accueil reçu par Sin / Pecado, le groupe décide de surprendre tout le monde en livrant un nouvel album qui n’est en rien une resucée de ses prédécesseurs. Ni retour au black des débuts, ni plus commercial que son aîné d’un an, The Butterfly Effect trace tout simplement une voie qui lui est propre ; il reprend les bases établies par les premières offrandes ; mais il les malaxe, les développe différemment. Moins accessible, plus dur, encore plus sombre que ce à quoi il nous a habitué jusqu’alors, Moonspell n’a donc pas opté pour la facilité, choix que l’on ne peut que saluer.
Sa patte, son empreinte est toujours reconnaissable entre mille, notamment grâce au chant si singulier de Fernando Ribeiro, tour à tour charmeur ou rageur, mais il n’hésite pas pour autant à colorer sa palette sonore d’influences inédites (touches jazzy, samples, bruitages divers, rythmiques tribales…) qui confèrent à The Butterfly Effect un aspect moderne évident. Il va sans dire que de nombreuses écoutes se révèlent nécessaires pour appréhender toute les richesses de ce disque courageux, bien que non exempt de maladresses, qui ne se livre pas aussi facilement que nombre de productions contemporaines. Et quand bien même tous les titres ne sont pas du même tonneau, comment ne pas succomber, comment ne pas être envoûté par les poèmes noirs que sont « Soulsick », « Can’t Be », « Lustmord », « Disappear Here » et surtout le monumental « Tired », point d’orgue de cette bande son nihiliste au parfum de soufre prononcé ? L’avenir nous dira si The Butterfly Effect marque un nouveau chapitre dans la carrière du groupe, une nouvelle voie, ou bien s’il ne s’agit que d’une parenthèse… (02.08.2007) ⍖⍖

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