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Henry Hathaway - Le jardin du diable (1954)


Quand bien même Henry Hathaway se montre à l'aise dans tous les genres, on sent que le western lui convient particulièrement, comme le prouvent L'attaque de la malle-poste (1951) ou - quoique dans une moindre mesure - Nevada Smith (1966). Le Jardin du diable représente aussi une de ses plus éclatantes réussites tant dans le western que dans l'ensemble de sa carrière. Si, le scénario se révèle e définitive assez peu original, encore que tous les personnages évoluent dans une trouble ambiguïté, le film, par l'atmosphère qui l'imprègne, possède néanmoins un cachet très particulier, plus proche du récit d'aventure que du socle westernien. Les décors, fournis par le Mexique, les montagnes ou un monastère en ruine, comme la musique si reconnaissable de Bernard Hermann, participent ainsi d'un climat envoûtant et parfois même oppressant. La mort rôde tout du long, à l'image de ces Indiens dont la présence et la menace se font progressivement de plus en plus palpables. Rares sont ceux qui échapperont au danger qu'ils incarnent. A ce titre, la fin, qui voit Richard Widmark se sacrifier, est magnifique.

Pour camper cette poignée de protagonistes au caractère archétypal (la femme qui veut retrouver son mari, le joueur, l'homme droit et posé...), Hathaway fait appel à un formidable trio. Eternel héros du western classique, Gary Cooper impose sa force tranquille et son visage imperturbable tandis que Widmark compose un réjouissant personnage d'aventurier, joueur et rusé. Enfin, selon habitude, Susan Hayward joue les femmes de tête, égrenant sa beauté atypique et ce faisant, hérite du plus beau rôle. A noter que tous les trois sont des fidèles du réalisateur, des Trois lanciers du Bengale à La glorieuse aventure pour Cooper, du Carrefour de la mort aux Marins de l'Orgueilleux pour Widmark, de L'attaque de la malle-poste à La sorcière blanche pour la comédienne. La mise en scène du maître, d'une admirable aridité, où la pureté du cadre l'emporte sur les mouvements d'appareil, se conjugue à une ambiance mélancolique qu'expriment un titre original ou français superbe et d'inoubliables répliques ("Quelqu'un reste toujours. Partout dans le monde, quelqu'un qui doit faire le boulot", Chaque soir il s'en va [le soleil]  et chaque soir, quelqu'un s'en va avec lui"). (20.09.2020) ⍖⍖⍖





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TOP DE LA SEMAINE

Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...