Suite à l’incompréhension que suscita chez nombre de fans The Butterfly Effect, album certes maladroit et inégal mais toutefois intéressant, Moonspell avait décidé, pour son successeur, de ressusciter la formule à succès employée avec Sin / Pecado. Résultat ? Darkness And Hope, une demi-réussite. Et que dire donc de cette nouvelle galette qui, si elle se contente de creuser un sillon similaire (même orientation musicale, même producteur), s’enfonce encore davantage dans le réchauffé et dans le commun, à l’instar du chant de Fernando Ribeiro qui se limite bien souvent à une alternance mécanique entre cris de rage et vocalises suaves. Mais comme les Portugais ont du métier, The Antidote s’écoute cependant avec plaisir et certaines de ses cartouches font mouche, cela est incontestable.
Citons notamment les puissants « In And Above Men », « From Lowering Skies », « Cristal Gazing » (qui n’est pas sans évoquer cependant « Abysmo »). ou bien encore le mélancolique « Capricorn At Her Feet ». De même, il faut souligner l’importance accordée à la rythmique, sans doute la seule nouveauté de cet album. La batterie n’a jamais eu autant d’espace pour se manifester (« The Southern Deathstyle »). Efficace donc, mais ce qui fait défaut à cette brochette de chansons habilement écrites, sont tout simplement la folie, la passion, la magie. La vie, quoi… The Antidote est un disque sans chaleur, sans pour autant être froid ou glacial, ce qu’il aurait pu être selon une volonté artistique. Non, il donne juste l’impression de n’être qu’une pierre supplémentaire à l’édifice que Moonspell tente de dresser bon an mal an depuis une dizaine d’années. Une œuvre honnête, mais sans plus, qui traduit une inquiétante incapacité de la part du groupe à se renouveler, c’est une chose, mais aussi, et surtout, à renouer avec la réussite de ses débuts. (31.07.2007) ⍖⍖

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