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Robert Wise - Destination Gobi (1953)


Davantage film d'aventure voire même western que récit guerrier, Destination Gobi raconte une histoire bien invraisemblable pourtant inspirée d'un fait réel. A la fin de la Seconde Guerre mondiale, menée par un officier de la marine, une mission de scientifique s'installe dans le désert de Gobi. Menacé par l'aviation japonaise, ce groupe d'hommes se lie avec des troupes Mongoles avant de devoir traverser le désert pour rejoindre la mer. La Fox confie la réalisation à Robert Wise, célèbre monteur d'Orson Welles (Citizen Kane, La splendeur des Amberson) et déjà auteur de quelques œuvres essentielles dont Nous avons gagné ce soir (1949) ou Le jour où la terre s'arrêta (1951). Il y découvre l'usage de la couleur, ce qui aboutit à de très belles images magnifiquement éclairées (notamment à la fin, celles du port et de l'affrontement avec les Japonais) que signe Charles B. Drake. 

Mais ce qui frappe le plus dans ce film réside dans le ton souvent humoristique, teinté d'ironie, que Wise et son scénariste Everett Freeman, ont choisi d'adopter, loin de l'esprit cocardier sinon patriotique qui aurait être le sien. De fait, Destination Gobi tient plus du divertissement que de la sombre et brutale méditation. Ce qui en constitue son intérêt mais aussi sa faiblesse car sa légèreté freine sa force sans pour autant en faire une raillerie féroce. Au centre du traditionnel petit groupe qui doit traverser les épreuves à la manière d'une odyssée, Richard Widmark retrouve un rôle qui, à l'époque lui colle à la peau, celui du meneur d'hommes mais qu'il incarne cette fois-ci non sans s'amuser... Un peu à l'image de tout le film...  (vu le 05.09.2020) ⍖⍖



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Thumos - Symposium (2023)

Selon sa (bonne) habitude, Thumos ne reste jamais silencieux bien longtemps, venant frapper à notre porte tous les six mois environ, parfois moins comme l'illustre Symposium qui surgit à peine quatre mois après le EP Kallipolis . Nous pourrions évidemment craindre que cette insolente fertilité se solde par un assèchement de la créativité de ce groupe si particulier mais il n'en est pour l'instant rien. Nous pourrions craindre également que celui-ci finisse par se répéter, enfermé dans le cadre imposé par un post doom instrumental dont les limites semblent de prime abord évidentes. Là encore, Thumos réussit à chaque fois à éviter le piège de la redite, de la photocopie d'une signature au demeurant désormais clairement identifiée tant dans la forme (une partition engourdie par une pesanteur sévère) que dans le fond (la Grèce antique comme curieux combustible). Le mystère demeure toujours autour de ce groupe dont on n'est pas certain qu'il en soit véritablement un,...

Laudanum - The Coronation (2009)

Le laudanum est un médicament à base d'opium utilisé comme calmant et très en vogue au XIXème siècle. C'est aussi le nom d'un groupe dont la musique se veut plus proche de la corrosion des drogues que d'un somnifère. Aux confins du doom halluciné, du sludge tellurique, du drone et de la noise, les Américains sculptent au burin un univers très personnel, dérive psychopathe rongée par une lèpre vicieuse. Cinq ans après une première dose remarquée ( The Apotheker ), The Coronation a quelque chose d'un labyrinthe humide d'une noirceur abyssale. 100 fois plus evil que bien des hordes grimées à la truelle et exaltant les forces des ténèbres, Laudanum écrit des bandes-sons cauchemardesques qui ne filent jamais droit. Il y a véritablement quelque chose de pourri, de souillé dans ce magma brulant et maladif, preuve en est le déglingué "Invoke", reptation stridente aux riffs obsédants. Basé sur un canevas pour moitié instrumentale ("Procession" "...

Jerry Thorpe - All God's Children (1980)

Les bons sentiments font rarement les bons films. All God's Children le démontre encore une fois, téléfilm qui, à travers le sujet du busing (expérience visant à développer la mixité raciale dans les transports scolaires), ausculte les maux d'une petite communauté gangrené par le racisme ordinaire et en corollaire la ségrégation qui sévit encore au sein de la société américaine des années 70.  Un thème intéressant et courageux malheureusement traité platement par Jerry Thorpe, fils de Richard et pourtant auteur d'un Jour des Apaches (1968) de bonne mémoire. Sincères, les comédiens y croient mais paraissent impuissants à rendre ce drame captivant. Démocrate convaincu, Richard Widmark campe un juge rongé par les remords après que sa décision d'imposer la mixité scolaire notamment dans les transports, déclenchent des contestations violentes et in fine la mort d'un adolescent (noir) qui a volé un bus avec son copain (blanc). Il est évidemment impeccable, tout comme Ne...