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Burning Witches - The Witch Of The North (2021)


Si nous ne surprendrons jamais Burning Witches en flagrant délit d’originalité, au moins faut-il reconnaître aux Suissesses une louable fertilité. Ainsi, un peu plus d’un an après avoir enfanté le solide Dance With The Devil, les Amazones du heavy metal européen exécutent déjà une quatrième saillie alors même que les EPs Acoustic Sessions puis The Circle Of Five les ont occupées entre ces deux rondelles et en pleine disette scénique imposée par ce fichu épisode  Covid.  Sans doute les belles étaient-elles impatientes de présenter au public leur nouvelle incarnation suite au recrutement de Larissa Ernst, qui a la lourde tâche de remplacer Sonia Nusselder partie caresser son manche au sein de Cobra Spell et surtout Crypta qu’elle a formé avec d’anciennes nanas de Nervosa. Certes, la paire de mini-albums avait déjà présenté la guitariste mais un seul nouveau titre, ‘The Circle Of Five’ et des relectures acoustiques n’étaient pas suffisants pour réellement juger cette recrue. Les soixante minutes de The Witch Of The North laissent largement le temps pour cela. 


Que les amoureux des guerrières soient rassurés, ils ne seront évidemment pas décontenancés par le successeur de Dance With The Devil. Romana et sa bande n’ont jamais rien inventé et ce n’est donc pas ce nouvel opus qui devrait les voir révolutionner leur style et encore moins le genre. Ce n’est de toute façon pas le propos. En fait, Burning Witches continue de téter les mamelles du heavy des années 80 auquel un hommage aussi sincère qu’efficace est rendu par l’entremise de compositions aux griffes acérées et d’une reprise bien burnée du ‘Hall Of The Mountain King’ de Savatage. Car, toutes de cuir vêtues, les filles n’ont rien à envier aux garçons en terme de puissance bétonnée. Désormais solidement installée derrière le micro, la chanteuse Laura Guldemond ne craint pas de se frotter au registre hargneux d’un Rob Halford, fardant l’ensemble d’un mascara presque thrash (‘The Circle Of Five’). Les deux bretteuses galopent à travers les steppes gelées et la section rythmique couche un socle percutant. Même si les ballades ne les rebutent pas, à l’image de ‘Lady Of The Wood’ qui voit alors Laura s’aventurer sur le terrain de Doro la "mère nourricière", révélant si besoin en était l’étendue de sa vaste palette vocale, tandis que ‘Flight Of The Walkyries n’a de tendre que sa première partie, les damoiselles préfèrent clairement guerroyer plutôt que de roucouler. Le concept nordique et mythologique de The Witch Of The North ne se prête pas, il est vrai, aux douces étreintes.  En dépit d’un sentiment tenace de déjà -entendu (‘For Eternity’), toutefois atténué par une dureté agressive bienvenue (‘Dragon’s Dream’) et d’un menu que nous aurions souhaité plus trapu, reconnaissons encore une fois que Burning Witches respecte son cahier des charges avec panache et énergie, sachant incontestablement ciseler des chansons aux allures d’hymnes instantanés (‘We Stand As One’). Inférieur à son aîné, The Witch Of The North assure néanmoins une bonne dose de heavy metal à l’ancienne, vierge d’audace mais assez mordant pour séduire. Reste que sans son casting 100 % féminin, il est permis de penser que Burning Witches ne bénéficierait certainement pas du même engouement ni de la même bienveillance. Ce qui n’enlève rien à une habileté qui ne saurait être contestée, ni au plaisir ressenti à l’écoute de ces aventurières aussi délicieuses que saignantes. (23.06.2021 | MW) ⍖⍖

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