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Peter Collinson - Le sursis (1976)


En dépit de son appétissante affiche qui offre un face-à-face entre Richard Widmark et Oliver Reed, flanqués de la ravissante Gayle Hunnicutt, sous l'oeil de Peter Collinson, Le sursis demeure un film plutôt méconnu. En le visionnant, on comprend malheureusement vite pourquoi tant il échoue à captiver le spectateur. Tourné en Israël, The Sell-Out suit un ancien espion (Widmark), installé à Jérusalem, obligé de reprendre les armes pour aider son ancien élève (Reed), agent trouble ayant servi la CIA comme le KGB. Un sujet qui en vaut d'autres mais dont on sent qu'il hésite entre une approche réaliste de l'espionnage et le pur récit d'action de série B. Il va sans dire que c'est cette seconde voie qui sied le mieux au réalisateur, lequel ne se réveille - et se révèle - que lors des scènes de violences et de poursuites, rugueuses et bien rythmées par une bande-son décontractée et disco. 

Mais que nous sommes loin, même sans ses rares moments plus jubilatoires, des réussites passées de Collinson, auteur de La nuit des alligators (1967), des Baroudeurs (1970) et surtout de L'or se barre (1969) et des Dix petits nègres (1974). Il retrouve d'ailleurs là Oliver Reed dans un rôle énigmatique à souhait sans pour autant livrer une mémorable composition. Pas plus que Richard Widmark qui semble cachetonner ou Gayle Hunnicutt, actrice toujours sous-employée et trop hystérique dans la peau d'un personnage écrit à la truelle. A l'arrivée, Le sursis laisse une impression bizarre : ce n'est pas un mauvais film mais il sonne faux et personne au sein de l'équipe de tournage ne parait vraiment y croire... Dommage. (vu le 10.04.2021) ⍖⍖


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TOP DE LA SEMAINE

Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...