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Henry Hathaway, Howard Hawks, Henry King, Henry Koster, Jean Negulesco - La sarabande des pantins (1952)


La sarabande des pantins, qu'il ne faut bien entendu pas confondre avec son homonyme signé Martin Scorsese, est un film à sketches, exercice peu visité par Hollywood, contrairement au cinéma européen et italien en particulier. Il a pour fil rouge l'auteur O. Henry (d'où son titre original : O. Henry's Full House), nom de plume de William Sidney Porter, dont sont adaptées cinq nouvelles. Cet écrivain demeure assez méconnu chez nous, tout comme ce long-métrage rarement (si ce n'est jamais) diffusé à la télévision. Au vu de son casting tant derrière que devant la caméra, on devine pourtant l'ambition de la Fox désireuse de rendre hommage à cet écrivain important du patrimoine américain. Le studio convoque pour ce faire la crème de ses comédiens, de grands réalisateurs tandis que, excusez du peu, l'immense John Steinbeck est chargé de présenter chaque saynète. A le voir, on ne comprend guère pourquoi ce film reste quasi invisible en France et ce d'autant plus quand on sait que Howard Hawks, Henry King et Henry Hathaway ont contribué à sa réalisation ! 

Certes inégaux (Le cadeau des rois mages, classique histoire de Noël chère aux Américains, parait par exemple un peu mièvre), ces récits se révèlent néanmoins tous agréables. A l'exception de La dernière feuille, qui réunit Anne Baxter et Jean Peters, et dont le ton grave voire poétique, tranche par rapport au reste du menu, l'ensemble se veut plutôt léger et humoristique. Les plus réussis sont aussi les plus drôles, qu'il s'agisse du Policier et du Motet que domine Charles Laughton en clochard (Marilyn Monroe y fait également une courte apparition) et de La rançon du chef rouge qui met en scène un cocasse duo composé de Fred Allen et Oscar Levant sous l'œil malin de Howard Hawks. Dans une veine policière, L'appel du clairon déçoit pourtant quelque peu, la faute à un Richard Widmark qui s'amuse (trop) à camper un psychopathe à la Tommy Udo (Le carrefour de la mort) qu'il pousse à  la limite de l'auto parodie, à l'image de son fameux rire de hyène dont il abuse et force le trait. Malgré le luxe de son affiche, La sarabande des pantins n'en demeure pas moins une curiosité.  (vu le 29.08.2020) ⍖⍖


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Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...