Accéder au contenu principal

Hooded Menace / Anima Morte - Split (2010)


Lasse Pyykkö (Claws, Vagrant Coffins et bien d’autres encore) est trop attaché à l’underground pour ne pas aimer pratiquer l’exercice viril du split. Avec son Hooded Menace au statut culte quasiment dès sa sortie de terre il y a à peine trois ans, il s’associe, en attendant celui annoncé avec Asphyx (!), avec les suédois de Anima Morte le temps de cette rondelle limitée à 500 exemplaires d’ors et déjà épuisée et éditée sous la forme d’un 7’ picture disc de toute beauté. Bref, ça sent l’objet de collection. Culte quoi, à l’image de ses auteurs et du label Doomentia records.  Allant jusqu’au bout du concept, les deux groupes ont décidé de se délester chacun d’une reprise (instrumentale) de l’autre. Et ce qu’il y a de fascinant ici est que les deux protagonistes en présence ont su conserver leur identité, leur style et ce, d’autant plus qu’ils n’arpentent pas tout à fait les mêmes caveaux, l’un (Hooded Menace) pataugeant dans un death doom baveux et old school tandis que l’autre (Anima Morte donc) rend hommage aux musiques de films de genre italiens en galopant sur les terres du rock progressif. 


Quelque peu improbable sur le papier, cette rencontre tient pourtant toutes ses promesses une fois entre les esgourdes. Les Finlandais ont choisi le « A Decay of Mind and Flesh » des Suédois. Cela donne un bon vieux doom, très mélodique mais avec ce sens du riff écumeux et fatigué, véritable marque de fabrique du duo qui a donc littéralement fait sien cette composition au départ des plus progressives. Exact reflet, « Grasp of the Beastwomenn » est quant à lui transformé par Anima Morte en pièce digne des Goblins noyée sous les synthétiseurs seventies. Excellent. Mais cela de toute façon, on le savait. Dix petites minutes peut-être, orgasme pourtant assuré et une envie d’y retourner qui ne se commande tout simplement pas. (2010) ⍖⍖⍖

Commentaires

TOP DE LA SEMAINE

Thumos - Symposium (2023)

Selon sa (bonne) habitude, Thumos ne reste jamais silencieux bien longtemps, venant frapper à notre porte tous les six mois environ, parfois moins comme l'illustre Symposium qui surgit à peine quatre mois après le EP Kallipolis . Nous pourrions évidemment craindre que cette insolente fertilité se solde par un assèchement de la créativité de ce groupe si particulier mais il n'en est pour l'instant rien. Nous pourrions craindre également que celui-ci finisse par se répéter, enfermé dans le cadre imposé par un post doom instrumental dont les limites semblent de prime abord évidentes. Là encore, Thumos réussit à chaque fois à éviter le piège de la redite, de la photocopie d'une signature au demeurant désormais clairement identifiée tant dans la forme (une partition engourdie par une pesanteur sévère) que dans le fond (la Grèce antique comme curieux combustible). Le mystère demeure toujours autour de ce groupe dont on n'est pas certain qu'il en soit véritablement un,...

Laudanum - The Coronation (2009)

Le laudanum est un médicament à base d'opium utilisé comme calmant et très en vogue au XIXème siècle. C'est aussi le nom d'un groupe dont la musique se veut plus proche de la corrosion des drogues que d'un somnifère. Aux confins du doom halluciné, du sludge tellurique, du drone et de la noise, les Américains sculptent au burin un univers très personnel, dérive psychopathe rongée par une lèpre vicieuse. Cinq ans après une première dose remarquée ( The Apotheker ), The Coronation a quelque chose d'un labyrinthe humide d'une noirceur abyssale. 100 fois plus evil que bien des hordes grimées à la truelle et exaltant les forces des ténèbres, Laudanum écrit des bandes-sons cauchemardesques qui ne filent jamais droit. Il y a véritablement quelque chose de pourri, de souillé dans ce magma brulant et maladif, preuve en est le déglingué "Invoke", reptation stridente aux riffs obsédants. Basé sur un canevas pour moitié instrumentale ("Procession" "...

Jerry Thorpe - All God's Children (1980)

Les bons sentiments font rarement les bons films. All God's Children le démontre encore une fois, téléfilm qui, à travers le sujet du busing (expérience visant à développer la mixité raciale dans les transports scolaires), ausculte les maux d'une petite communauté gangrené par le racisme ordinaire et en corollaire la ségrégation qui sévit encore au sein de la société américaine des années 70.  Un thème intéressant et courageux malheureusement traité platement par Jerry Thorpe, fils de Richard et pourtant auteur d'un Jour des Apaches (1968) de bonne mémoire. Sincères, les comédiens y croient mais paraissent impuissants à rendre ce drame captivant. Démocrate convaincu, Richard Widmark campe un juge rongé par les remords après que sa décision d'imposer la mixité scolaire notamment dans les transports, déclenchent des contestations violentes et in fine la mort d'un adolescent (noir) qui a volé un bus avec son copain (blanc). Il est évidemment impeccable, tout comme Ne...