Accéder au contenu principal

Crystal Viper - Tales Of Fire And Ice (2019)


Un peu plus d'un an après avoir enfanté à la va-vite l'anecdotique At The Edge Of Time, faux EP ou vrai single qui n'apportait pas grand-chose, les Polonais de Crystal Viper nous offrent aujourd'hui le vrai successeur de l'acclamé Queen Of The Witches. Qu'attendre ou espérer de ce septième effort ? Sans surprise, Crystal Viper ne quitte jamais le chemin qu'il laboure depuis une quinzaine d'années, à savoir ce heavy metal comme les aciéries d'outre-Rhin aiment l'usiner avec chant haut perché et cavalcades de guitares, le tout martelé par un tempo bien speed et orné de breloques heroic fantasy. Seule originalité, cette voix féminine chargée de conter ces récits guerriers et légendaires au sein d'un univers musical d'ordinaire plutôt testiculeux. Bigrement efficace, la recette nous a séduit quand le quintet publiait son deuxième album, Legends (2010) mais parait désormais de plus en plus datée, comme l'illustre ce Tales of Fire And Ice dont le contenu se révèle aussi banal que son titre. La prise de son est restée bloquée dans la décennie précédente et les compos se contentent donc de sillonner un terrain déjà bien lessivé. 


Le meilleur titre (en bonus) demeure 'Dream Warriors', mid tempo aussi racé que couillu dont le groupe n'est malheureusement pas l'auteur puisqu'il s'agit d'une reprise de Dokken !  Outre cette relecture bien sentie, tout n'est cependant pas à jeter dans ce disque qui plaira sans nul doute aux amateurs. Pour être téléphonées, des saillies telles que 'Crystal Sphere', 'Still Alive' ou 'Bright Lights' envoient le petit bois et s'écoutent sans déplaisir. Témoignant peut-être d'un manque d'inspiration puisqu'ils sont en réalité issus du maigre répertoire de Börn Again, projet parallèle de Marta Gabriel dont ils représentent l'unique trace discographique, 'Neverending Fire' et 'One Question' font néanmoins mouche, le premier dans un registre extrêmement mélodique, le second en mode mitraillette. C'est pourtant lorsqu'il voit sa belle rentrer ses griffes que Crystal Viper captive peut-être le plus, le temps du très beau 'Tears Of Arizona', respiration sensible aux courbes romantiques. Tales Of Fire And Ice sème un heavy speed d'un grand classicisme, sauvé par l'énergie fédératrice d'une Marta Gabriel inoxydable.  Qu'en restera-t-il toutefois dans quelques années si ce n'est le vague souvenir d'un album de plus dans la carrière d'un combo au demeurant attachant mais condamné à végéter en seconde division... (21.10.2019 | MW) ⍖⍖


Commentaires

TOP DE LA SEMAINE

Clint Eastwood - Au-delà (2010)

De tous les films réalisés par Clint Eastwood, Au-delà reste sans doute celui qui a la plus mauvaise réputation, considéré comme un ratage complet par beaucoup de critiques, sauf les Cahiers du Cinéma. Il va sans dire, que je ne partage pas cet avis. Hereafter n'est certes pas sans défaut, on peut lui reprocher une approche de l'au-delà naïve voire caricaturale, une partie française peu convaincante, digne d'un téléfilm. pourtant, Eastwood réussit à ne jamais sombrer, parfois de peu il est vrai, ni dans le pathos ni dans le ridicule qu'imposait ce sujet ô combien casse-gueule, grâce au classicisme élégant de sa mise en scène d'une grande fluidité et en jouant sur les clairs obscurs qui permettent de sauver du risible les séquences de spiritisme. Quelques notes de piano lui suffisent aussi pour peindre la solitude de personnages dont on sent qu'il les aime. Si les scènes du tsunami sont à couper le souffle, de même que celles de l'attentat de Londres, le f...

Doro - Doro (1990)

Si sur le papier, Force Majeure marque le point de départ de la carrière solo de la chanteuse, c’est bien ce disque éponyme - son second - qui incarne ses premiers pas hors de Warlock, son aîné n’ayant pu bénéficier d’une sortie sous la bannière du groupe que pour des raisons essentiellement juridiques. Désireuse ne plus être liée à une seule formation dont elle estime qu‘elle bride sa liberté, Doro décide donc désormais de voler de ses propres ailes, ce que confirme bien le nom de cet opus aux airs de nouveau départ. En outre, le succès aidant, elle fait le choix d’affirmer une "américanisation" de sa musique que Triumph and Agony et Force Majeure avaient déjà entamé. Fini les visuels typés heroic fantasy, la jolie teutonne s’affiche sur la pochette de Doro à la manière d’une chanteuse pop. Autre signe qui ne trompe pas : la présence de Gene Simmons (Kiss, mais est-il besoin de le préciser ?) en tant que producteur exécutif. L’avisé musicien et amateur de belles femmes col...

Paradise Lost - Medusa (2017)

Les vieux cons comme votre serviteur se souviennent encore du jour où ils ont découvert le groupe d'Halifax grâce à ce Lost Paradise matriciel dont la pochette comme sortie des enfers, continue encore de les hanter après tout ce temps. Qui aurait pu croire alors que les Anglais seraient toujours parmi nous (presque) trente ans plus tard ? Peu de monde assurément et sans doute pas les principaux intéressés eux-mêmes. Quinze albums ont coulé sous les ponts depuis 1990 comme autant de jalons d'une carrière en constante mutation. Après le retour au gothic metal qui a fait sa renommée avec Symbol Of Life (2002), Paradise Lost a entamé à partir de Tragic Idol (2012) une descente au fond d'une mine de charbon, glissement dans une obscurité sinistre dont nous pensions que le radical "The Pague Within" l'avait achevé trois ans plus tard. Pourtant, Medusa vient nous rappeler que ses créateurs furent bien au début des années 90 un des trois côtés de la Sainte Trinité ...