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Blackmore's Night - Here We Come A-Caroling (2020)


En 2015 Blackmore's Night publiait All Our Yesterdays, offrande qui n'apportait malheureusement pas grand chose par rapport à ses devancières, laissant craindre que le couple ait pressé une bonne part de son inspiration. D'ailleurs, celui-ci ne l'a que mollement défendu sur scène. Peut-être parce que le toujours aussi ombrageux guitariste avait alors la tête ailleurs, dans la résurrection (plus que la reformation) de Rainbow disparu depuis les ultimes concerts de 1997. Las, ce retour à une expression électrique, que le maître n'a en réalité jamais vraiment désertée, en a déçu beaucoup qui l'ont jugé pataud et pas toujours convaincant. C'est oublier que Ritchie souffre d'arthrose, maladie qui rouille sa légendaire dextérité. Il est pourtant permis de trouver du charme à cette nouvelle incarnation qui a troqué le mordant pour le feeling mais semble condamnée à ne jamais franchir le stade d'une poignée de concerts estivaux répétés entre 2016 et 2019 et d'enregistrements épars au mieux sympathiques ('Waiting For The Sign', 'Black Sheep Of The Family') au pire embarrassants ('The Storm'). Candice ayant sans doute sifflé la fin de cette recréation, à laquelle elle a néanmoins participé comme si le duo ne pouvait se séparer, un nouvel album de Blackmore's Night, Nature's Light, est finalement annoncé courant 2020 mais sa sortie est reportée au printemps 2021. Pour nous faire patienter, les ménestrels se fendent d'une petite ration, célébrant à la fois ce Noël très particulier ainsi que le retour dans le giron de Ear Music (Edel) qui publia les matriciels Shadow Of The Moon (1997) et Under A Violet Moon (1999). L'alliance avec Frontiers Records, mécontent du peu de promotion que le tandem a accordé à All Our Yesterdays, n'aura donc été qu'une parenthèse. 


A l'instar, de Winter Carols (2006), Here We Come A-Caroling puise dans le répertoire des chants de Noël avec une même réussite aussi charmante qu'anecdotique. En cela, ces quatre ritournelles s'adressent davantage aux amoureux de Backmore's Night que de l'Homme en noir qui, malgré un doigté intact (dans ce registre acoustique, s'entend), s'efface au détriment de sa muse. La belle trouve dans ces comptines hivernales l'idéal écrin, gracieux et frissonnant, pour sa voix cristalline. Glissé dans un noble digipack et illustré par des clips animés du plus bel effet, l'ensemble ne présente aucune faiblesse et ne manquera pas de réchauffer les coeurs en cette période incertaine. Reste que le couple ne donne pas vraiment l'impression de s'être cassé la tête, optant pour la facilité alors que quelques semaines plus tôt, la chanson 'The Thrill Is Gone', reprise (encore) mais cette fois-ci de BB King, gravée pour l'album de William Shatner, est venue nous rappeler quel grand guitariste de blues Ritchie demeure toujours. Combien nous aimerions le voir s'aventurer dans cette contrée, ne serait-ce que le temps d'une courte escapade... Combien nous aimerions aussi qu'il accepte les invitations de ses anciens comparses, David Coverdale ou Glenn Hughes. Mais il ne faut pas rêver, le maître terminera sa carrière aux côtés de sa mie au sein d'un Blackmore's Night que nous apprécions toujours autant mais qui a perdu l'habitude de nous surprendre. Et ce n'est pas 'Once Upon December', premier extrait de Nature's Light, au demeurant ravissant, qui nous contredira... (01/01/2021) ⍖⍖

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TOP DE LA SEMAINE

Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...