En 2015 Blackmore's Night publiait All Our Yesterdays, offrande qui n'apportait malheureusement pas grand chose par rapport à ses devancières, laissant craindre que le couple ait pressé une bonne part de son inspiration. D'ailleurs, celui-ci ne l'a que mollement défendu sur scène. Peut-être parce que le toujours aussi ombrageux guitariste avait alors la tête ailleurs, dans la résurrection (plus que la reformation) de Rainbow disparu depuis les ultimes concerts de 1997. Las, ce retour à une expression électrique, que le maître n'a en réalité jamais vraiment désertée, en a déçu beaucoup qui l'ont jugé pataud et pas toujours convaincant. C'est oublier que Ritchie souffre d'arthrose, maladie qui rouille sa légendaire dextérité. Il est pourtant permis de trouver du charme à cette nouvelle incarnation qui a troqué le mordant pour le feeling mais semble condamnée à ne jamais franchir le stade d'une poignée de concerts estivaux répétés entre 2016 et 2019 et d'enregistrements épars au mieux sympathiques ('Waiting For The Sign', 'Black Sheep Of The Family') au pire embarrassants ('The Storm'). Candice ayant sans doute sifflé la fin de cette recréation, à laquelle elle a néanmoins participé comme si le duo ne pouvait se séparer, un nouvel album de Blackmore's Night, Nature's Light, est finalement annoncé courant 2020 mais sa sortie est reportée au printemps 2021. Pour nous faire patienter, les ménestrels se fendent d'une petite ration, célébrant à la fois ce Noël très particulier ainsi que le retour dans le giron de Ear Music (Edel) qui publia les matriciels Shadow Of The Moon (1997) et Under A Violet Moon (1999). L'alliance avec Frontiers Records, mécontent du peu de promotion que le tandem a accordé à All Our Yesterdays, n'aura donc été qu'une parenthèse.
De tous les films réalisés par Clint Eastwood, Au-delà reste sans doute celui qui a la plus mauvaise réputation, considéré comme un ratage complet par beaucoup de critiques, sauf les Cahiers du Cinéma. Il va sans dire, que je ne partage pas cet avis. Hereafter n'est certes pas sans défaut, on peut lui reprocher une approche de l'au-delà naïve voire caricaturale, une partie française peu convaincante, digne d'un téléfilm. pourtant, Eastwood réussit à ne jamais sombrer, parfois de peu il est vrai, ni dans le pathos ni dans le ridicule qu'imposait ce sujet ô combien casse-gueule, grâce au classicisme élégant de sa mise en scène d'une grande fluidité et en jouant sur les clairs obscurs qui permettent de sauver du risible les séquences de spiritisme. Quelques notes de piano lui suffisent aussi pour peindre la solitude de personnages dont on sent qu'il les aime. Si les scènes du tsunami sont à couper le souffle, de même que celles de l'attentat de Londres, le f...


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