Accéder au contenu principal

Burning Witches - The Dark Tower (2023)


Incapable à ses débuts de graver deux albums de suite avec les mêmes musiciennes, Burning Witches a enfin fixé son line-up depuis que la guitariste Larissa Ernst a remplacé Sonia Anubis. Il est probable que cette stabilité inédite n'est pas étrangère à la bonne tenue de The Dark Tower, qui aligne le même quintet déjà à l'œuvre sur The Witches Of The North. Mais contrairement à celui-ci qui marquait légèrement le pas comparé à Hexenhammer et surtout à Dance With The Devil, ce cinquième album enchante bien davantage. Evidemment, le registre demeure inchangé, à savoir un heavy metal typique des années 80 auquel un casting 100% féminin confère non seulement un charme évident mais aussi sa particularité, même si le genre n'a pas attendu les Suissesses pour cela, (Girlschool et autre Vixen). Une entame furieuse dans la rugissante tradition (l'imparable 'Unleash The Beast'), la ballade obligée qui a toutefois le bon goût de ne pas patauger dans le sirop ('Tomorrow'), du tempo en béton armé que le Judas Priest époque Painkiller ne renierait pas ('Evil Witch'), du chant haut perché à la Rob Halford (encore), The Dark Tower coche toutes les bonnes cases d'un pur album de heavy, les coutures saignantes, les ambiances sombres. 


Certes, de sa pochette en passant par son titre, la rondelle ne brille  pas franchement par son originalité mais en serrant davantage le frein à main et en insistant sur ses atours les plus ténébreux, Burning Witches a incontestablement trouvé son style, ce qu'illustre une seconde partie frappée d'une lourdeur menaçante. 'Into The Unknown', 'The Lost Souls', dont la vélocité se voit brisée par  des traits épais et plus encore 'Arrow Of Time' hommage à peine déguisé au 'Holy Diver' de Dio affolent le compteur Geiger. Malgré deux reprises (le 'Shot In The Dark' d'Ozzy et le 'I Wanna Be Somebody' de WASP) en guise de conclusion, tout à fait réussies et qui nous rappellent que les filles excellent dans cet exercice, il n'en demeure pas moins toutefois que ce menu étiré sur plus d'une heure aurait mérité d'être quelque peu élagué sans qu'une chanson plus qu'une autre ait pu facilement être sacrifiée. Trop long, l'album perd en intensité, ce qui n'entame néanmoins en rien l'impression très positive qu'il laisse en définitive. Fort d'un line-up aussi stable que solide, Burning Witches confirme avec The Dark Tower qu'il n'est définitivement pas qu'une opération commerciale visant à séduire un auditoire mâle mais bien un groupe de heavy metal à la recette imparable. (23.05.2023 | MW) ⍖⍖

Commentaires

TOP DE LA SEMAINE

Clint Eastwood - Au-delà (2010)

De tous les films réalisés par Clint Eastwood, Au-delà reste sans doute celui qui a la plus mauvaise réputation, considéré comme un ratage complet par beaucoup de critiques, sauf les Cahiers du Cinéma. Il va sans dire, que je ne partage pas cet avis. Hereafter n'est certes pas sans défaut, on peut lui reprocher une approche de l'au-delà naïve voire caricaturale, une partie française peu convaincante, digne d'un téléfilm. pourtant, Eastwood réussit à ne jamais sombrer, parfois de peu il est vrai, ni dans le pathos ni dans le ridicule qu'imposait ce sujet ô combien casse-gueule, grâce au classicisme élégant de sa mise en scène d'une grande fluidité et en jouant sur les clairs obscurs qui permettent de sauver du risible les séquences de spiritisme. Quelques notes de piano lui suffisent aussi pour peindre la solitude de personnages dont on sent qu'il les aime. Si les scènes du tsunami sont à couper le souffle, de même que celles de l'attentat de Londres, le f...

Doro - Doro (1990)

Si sur le papier, Force Majeure marque le point de départ de la carrière solo de la chanteuse, c’est bien ce disque éponyme - son second - qui incarne ses premiers pas hors de Warlock, son aîné n’ayant pu bénéficier d’une sortie sous la bannière du groupe que pour des raisons essentiellement juridiques. Désireuse ne plus être liée à une seule formation dont elle estime qu‘elle bride sa liberté, Doro décide donc désormais de voler de ses propres ailes, ce que confirme bien le nom de cet opus aux airs de nouveau départ. En outre, le succès aidant, elle fait le choix d’affirmer une "américanisation" de sa musique que Triumph and Agony et Force Majeure avaient déjà entamé. Fini les visuels typés heroic fantasy, la jolie teutonne s’affiche sur la pochette de Doro à la manière d’une chanteuse pop. Autre signe qui ne trompe pas : la présence de Gene Simmons (Kiss, mais est-il besoin de le préciser ?) en tant que producteur exécutif. L’avisé musicien et amateur de belles femmes col...

Paradise Lost - Medusa (2017)

Les vieux cons comme votre serviteur se souviennent encore du jour où ils ont découvert le groupe d'Halifax grâce à ce Lost Paradise matriciel dont la pochette comme sortie des enfers, continue encore de les hanter après tout ce temps. Qui aurait pu croire alors que les Anglais seraient toujours parmi nous (presque) trente ans plus tard ? Peu de monde assurément et sans doute pas les principaux intéressés eux-mêmes. Quinze albums ont coulé sous les ponts depuis 1990 comme autant de jalons d'une carrière en constante mutation. Après le retour au gothic metal qui a fait sa renommée avec Symbol Of Life (2002), Paradise Lost a entamé à partir de Tragic Idol (2012) une descente au fond d'une mine de charbon, glissement dans une obscurité sinistre dont nous pensions que le radical "The Pague Within" l'avait achevé trois ans plus tard. Pourtant, Medusa vient nous rappeler que ses créateurs furent bien au début des années 90 un des trois côtés de la Sainte Trinité ...