Nombreux (la majorité ?) sont ceux à dater en 1997 la fin de Ritchie Blackmore, jadis prodige parmi les prodiges au service de la déesse Stratocaster, celui qui inventa le hard rock grâce à ses soli acérés, aujourd’hui considéré comme un vulgaire ménestrel pour fête de la bière en Allemagne. Nombreux sont pourtant ceux aussi qui pensent que Blackmore’s Night a offert au virtuose un second souffle après la reformation en demi teinte de Deep Purple. Nombreux surtout sont ceux qui ont eu alors une révélation : la découverte d’une magnifique chanteuse, Candice Night, que les plus attentifs n’auront sans doute pas manqué de remarquer la timide participation au Stranger In Us All (1995), unique album du Rainbow reformé. Pour résumer, ce nouveau projet de Ritchie Blackmore, on le chérit ou on le méprise. C’est pourtant bien mal connaître le ténébreux anglais que de croire que celui-ci est alors devenu fou. Bien que très éloigné de son ancien répertoire, l’existence de Shadow Of The Moon n’a en réalité rien d’une absurdité au sein de sa carrière. Les couleurs médiévales figuraient déjà, par exemple, au menu de The Book Of Taliesyn de Purple en 1968. De même, certaines de ces nouvelles chansons, réarrangées, auraient bien pu se glisser sur les opus de l’Arc-En-Ciel période Dio (“ The Temple Of The King ” n’est parfois pas très loin). La filiation est évidente pour qui n’est pas aveuglé par sa mauvaise foi. Quand ce premier essai est sorti, beaucoup pensent (et espèrent !) que Blackmore’s Night se limitera à un projet parallèle et éphémère entre deux offrandes de Rainbow. C’est d’ailleurs de cette façon que Ritchie l’a présenté durant les interviews qu’il avait données durant la promotion de Stranger In Us All. Celui-ci n’ayant suscitée qu’une indifférence polie, malgré une tournée réussie, l’homme en noir décidera finalement de se concentrer désormais uniquement sur ce nouveau groupe.
Combien de metteur en scène peuvent se vanter de connaître le plus gros succès de leur carrière à 84 ans ? Aucun, si ce n'est bien entendu l'inusable Clint Eastwood dont American Sniper restera le plus grand triomphe au box office. Il est aussi le le film américain à avoir engrangé le plus de millions de dollars en 2014, ce qui n'est pas si surprenant eu égard à son sujet qui parle au coeur des Américains. Si l'homme a pu susciter des controverses, notamment de part ses prises de position assez peu politiquement correctes, son cinéma se veut généralement plus consensuel, à l'exception de Dirty Harry. Mais une fois n'est pas coutume donc, American Sniper déclenche la polémique par son patriotisme supposé. En réalité, et comme souvent chez Eastwood, ce portrait sans fard de Chris Kyle se révèle bien plus ambigu qu'il n'y parait. Loin d'une production cocardière, il s'agit moins d'un produit de propagande qu'une dénonciation des ravages d...


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