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Henry Hathaway - Prince Vaillant (1954)


Prince Vaillant demeure une des plus grandes réussites du film d'aventures en costumes produit par Hollywood durant les années 50. Mais a y regarder de plus près, comment aurait-il pu en être autrement ? Le film est réalisé par le prolifique Henry Hathaway, capable de trousser un western (L'attaque de la malle-poste) comme un film de guerre (Le renard du désert) avec une même aisance. Le scénario est signé par Dudley Nichols, la photo, par Lucien Ballard et la musique, par Franz Waxman. Bref, une belle brochette de professionnels qui connaissent leur métier. Si nous ajoutons à  cela  une distribution de rêve, réunissant Robert Wagner, James Mason (comme de bien entendu, très à l'aise dans la peau du félon), un Sterling Hayden grandiose, un Victor Mclagen (forcément) truculent et surtout deux actrices sublimes, la blonde Janet Leigh et la brune Debra Paget (trop discrète malheureusement) et nous obtenons ainsi un spectacle bondissant et chatoyant très fidèle à la bande dessinée de Foster. Planté dans de splendides décors, l'action est bien menée et le duel final, sans atteindre la qualité des affrontements célèbres des Aventures de Robin des Bois (Michael Curtiz, 1938), du Signe de Zorro (Rouben Mamoulian, 1940) ou de Scaramouche (George Sidney, 1952), s'avère très réussi. 

Alors, que demander de plus ? Une coupe moins ridicule pour Robert Wagner ? Certes, Prince Vaillant ne possède pas la puissance, l'âpreté et le lyrisme des Vikings que Richard Fleischer réalisé quatre ans plus tard, ce qui le rapproche donc plus de la contribution de Richard Thorpe à ce genre très codifié, que l'on songe au Prisonnier de Zenda ou à la trilogie mettant en scène Robert Taylor (Ivanhoé, Les chevaliers de la table Ronde et Quentin Durward). Le Moyen  Âge reconstitué dans ces films s'avère plus fantasmé, plus propre, en un mot plus romantique, que dans la réalité, avec leurs jardins bien dessinés et leurs châteaux qui se trompent d'époque. Le chef d'oeuvre de Fleischer livrera une vision plus adulte du film d'aventure historique. Mais qu'importe, Prince Vaillant offre un plaisir de tous les instants, cent minutes de bonheur mélangeant avec brio, fougue, humour et roucoulades. Enfin, il va sans dire que cette adaptation surclasse aisément la version de Anthony Hickox (1997), bien médiocre en comparaison... (vu le 09.09.2020) ⍖⍖⍖




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Clint Eastwood - American Sniper (2014)

Combien de metteur en scène peuvent se vanter de connaître le plus gros succès de leur carrière à 84 ans ? Aucun, si ce n'est bien entendu l'inusable Clint Eastwood dont American Sniper restera le plus grand triomphe au box office. Il est aussi le le film américain à avoir engrangé le plus de millions de dollars en 2014, ce qui n'est pas si surprenant eu égard à son sujet qui parle au coeur des Américains. Si l'homme a pu susciter des controverses, notamment de part ses prises de position assez peu politiquement correctes, son cinéma se veut généralement plus consensuel, à l'exception de Dirty Harry. Mais une fois n'est pas coutume donc, American Sniper déclenche la polémique par son patriotisme supposé. En réalité, et comme souvent chez Eastwood, ce portrait sans fard de Chris Kyle se révèle bien plus ambigu qu'il n'y parait.  Loin d'une production cocardière, il s'agit moins d'un produit de propagande qu'une dénonciation des ravages d...

Paradise Lost - Medusa (2017)

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Clint Eastwood - Jersey Boys (2014)

Clint Eastwood poursuit sa carrière hors des modes et du temps. Alors âgé de 84 ans (!), l'année 2014 le voit offrir deux films, Jersey Boys et American Sniper , deux biopics aussi différents que réussis qui illustrent si besoin en était encore, la large palette de son inspiration et surtout sa verve cinématographique quand tant d'autres réalisateurs ont été mis à la retraite depuis longtemps. Après les funèbres Lettres d'Iwo Jima et ou Au-delà et les pesants Invictus ou J.Edgar , cette adaptation d'une comédie musicale, retraçant la carrière d'un groupe de rock fameux aux Etats-Unis, les Four Seasons, semble presque être l'oeuvre d'un jeune metteur en scène. Classique dans le fond, sa forme swingue, emportée par un tempo enlevé cependant que les comédiens n'hésitent pas à s'adresser directement à la caméra. Après Une nouvelle chance , sur un mode mineur néanmoins, quel plaisir de voir Eastwood revenir à un cinéma simple, s'appuyant sur des...