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Crystal Viper - At The Edge Of Time (2018)


Une mise en garde pour commencer : At The Edge Of Time n’est ni le nouvel album de Crystal Viper ni même un véritable EP comme AFM se plait à le vendre. Certes, fort de ses cinq pistes s’étalant sur une vingtaine de minutes, l’objet en a le format. Mais, n’offrant en réalité que deux titres vraiment inédits, la rondelle s’apparente davantage à un single gonflé aux hormones. Du coup, malgré toute la sympathie que l’on peut avoir pour les Polonais et notamment pour sa chanteuse, la redoutable Marta Gabriel, il est permis de trouver douteux ce qui n’est au final d’un produit mercantile, lequel donne qui plus est l’impression d’avoir été fabriqué à la va-vite afin de capitaliser sur le succès de Queen Of The Witches, dernier opus du groupe dont ce 10 pouces semble vouloir être le complément, comme le suggère la relecture de ‘When The Sun Goes Down’ dont la belle tenue ne la rend pas moins inutile.


Le fait de proposer deux fois le morceau éponyme, en Anglais tout d’abord, puis dans la langue maternelle de ses géniteurs, n’incite pas à la bienveillance. Ajoutons à cela une prise de son qui paraîtra au mieux old school, au pire datée et un artwork au rabais, indigne d’Andreas Marshall (que la beauté de son travail pour Blind Guardian semble loin !) et vous aurez définitivement compris que At The Edge Of Time se révèle être une sortie franchement anecdotique. Heureusement, le morceau-titre et ‘When Are You’ sont de qualité, le premier dans la veine heavy qui a fait le succès des Polonais, le second sur un mode ballade qui permet à Marta de piocher dans un registre émotionnel qui lui sied tout autant. Enfin, la reprise de Quartz, ‘Tell Me Why’ n’est pas sans charme même si le groupe ne donne pas l’impression d’avoir forcé son talent. Cet EP est donc à prendre pour ce qu’il est, offrande aussi sympathique que dispensable à réserver aux fans désireux de tout posséder, jusqu'à la moindre miette. (22.07.2018 | MW) ⍖⍖


Commentaires

TOP DE LA SEMAINE

Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...