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Blackmore's Night - Paris Moon (2007)


La troupe nous ayant offert une prestation fleuve de près de 2h30, il était logique d’en retrouver la totalité sur le DVD. Las, plusieurs titres sont malheureusement passés à la trappe, et pas des moindres : citons surtout les deux reprises de Deep Purple, “ Child In Time ” (couplée à “ Mond Tanz ”) , pourtant éblouissante et celle, plus surprenante, du classique parmi les classiques, “ Smoke On The Water ”, que Ritchie interpréta davantage pour faire plaisir au public que par une réelle envie. Second reproche, pourquoi avoir joint au support numérique, un disque tronqué ne comprenant que quelques extraits de ce dernier et non pas son pendant fidèle ? Voilà pour les bémols de Paris Moon qui si non nous permet avec plaisir de nous replonger durant deux heures dans cette soirée que tous les fans du couple chérissent désormais comme un trésor. Equilibrée, la set-list traverse les cinq offrandes (déjà !) publiées alors par le groupe, de Shadow Of The Moon à The Village Lanterne



Si, toujours bien épaulé par des musiciens talentueux et sympathiques sur lesquels les journalistes ne s’attardent pas suffisamment et qui pourtant méritent toutes les éloges, des deux choristes (aujourd’hui parties voler de leurs propres ailes), Lady Madeline et Lady Nancy au remarquable et fidèle Squire Malcolm Of Lumley derrière les fûts, du brillant claviériste Bard David Of Larchmont au dynamique Sir Robert Of Normandie, lequel se fend d’un solo de basse puissant et jouissif durant l’instrumental “ Durch Dem Wald Zum Bach Haus ”, le duo brille de mille feux durant l’intégralité du concert, celui-ci a livré avec largesse nombre de moments de pure magie : le rythmé “ Past Times With Good Company ”, le ténébreux “ World Of Stone ”, le joyeux “ Home Again ”, qui témoigne pour ceux qui l’ignoraient, de l’incontestable humour que possède le maître, le très médiéval “ The Clock Ticks On ”, que le guitariste introduit par des notes orientalisantes échappées d’une espèce de vièle, sans oublier le gigantesque “ Fires Of Midnight ”. Candice, aussi charmante que charismatique, chante magnifiquement bien, tandis que Blackmore se montre aussi à l’aise en acoustique qu’en électrique lors des rares fois où il fait prendre l’air à sa divine Stratocaster, à l’image de “ St Teresa ”, que précède les premières mesures de “ Difficult To Cure ” ou de la flamboyante relecture du “ Ariel ” de Rainbow, long de près de 10 minutes. Purple n’est pas oublié non plus, représenté par l’intimiste “ Soldier Of Fortune ”. Cette inoubliable soirée gravée à tout jamais dans nos mémoires et dans nos cœurs, est donc aujourd’hui immortalisée en DVD, et tant pis si une poignée de chansons brillent par leur absence. Mon dieu, quel groupe fabuleux ! (2009) ⍖⍖⍖⍖

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TOP DE LA SEMAINE

Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...