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Moonspell - Memorial (2006)


Même si parler de déclin pour qualifier les dernières années que vient alors de vivre Moonspell serait sans doute exagéré, force est de reconnaître néanmoins que l’époque où le groupe portugais était aux portes du succès suite à la doublette Irreligious et Sin/Pecado, semblait bien révolue. Non pas que leurs successeurs fussent de grosses bouses infâmes, mais aussi bien l’expérimental The Butterfly Effect que les trop banals Darkness And Hope et The Antidote, marquèrent le pas par rapport à leurs aînés. Le groupe l’a bien compris et Memorial a un goût prononcé de retour aux sources. Voire presque de nouveau départ, ce que confirment son entrée dans l’écurie SPV après tant d’années chez Century Media et le fait d’avoir refait appel à Waldemar Sorychta, producteur de ses hauts faits d’arme de jadis, pour enregistrer cette septième offrande. Fini le son policé et stéréotypé à la finlandaise concocté au Finnvox de ses deux précédents efforts. Moonspell livre donc l’album que tout le monde attendait après Irreligious, un concentré de noirceur et de violence contrôlée. 


Par là même, il offre son œuvre la plus agressive depuis des lustres, à l’image des vocalises du charismatique et talentueux Fernando Ribeiro. Le furieux "Finisterra", que précède une intro superbe, nous fait rentrer tout de suite dans le vif du sujet. Petit frère de "Opium", il rassure quant à la capacité des Portugais à lâcher comme autrefois, les vannes d’un Dark-Metal envoûtant et terriblement sombre. Et comme tout l’album est dans cette veine, même si les dernières salves ("Luna" et "Best Forgotten") s’avèrent les plus réussies, parfois proche de Hermeticum, l’unique blasphème de Daemonarch, l'éphémère side-project des membres du groupe ("Once It Was Ours !"), autant dire que l’on est tout content de retrouver (enfin) le Moonspell que l'on aimait tant. Fort de son expérience et d’une maturité affirmée, le groupe a même certainement enfanté son travail le plus grandiose. Le plus ambitieux aussi. Pourvu de plusieurs plages instrumentales, dont le terrifiant "Proliferation", Memorial ressemble par moment à une bande originale de film, celui de notre propre fin, de la damnation éternelle. Le come-back de l’année 2006 ? Assurément ! (30.07.2007 | MW) ⍖⍖⍖

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Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...