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Brume d'Automne / Forteresse - Split LP (2010)


Malgré tout le respect que l'on peut - très justement - avoir pour Eric Syre, il est aussi permis de ne pas partager son opinion sur une scène Black Metal québécoise avec laquelle il ne se sent aucune affinité (hormis avec Akitsa, bien entendu) et qu'il juge assez durement. En effet, notamment grâce au travail de Sepulchral Productions, dont le boss n'est ni plus ni moins que Myrkhaal du regretté Frozen Shadows (il n'est pas tout à fait mort mais c'est tout comme). Sombres Forêts, Gris, Monarque, Neige et Noirceur remplissent par exemple de leurs méfaits un catalogue cohérent et de qualité. Peu à peu, c'est un art noir à l'identité affirmée, laquelle repose sur un terreau aussi bien géographique (les forêts, le froid, l'hiver) que bien souvent patriotique, qui prend corps. Ce split unissant les forces de Brume d'Automne et de Forteresse, une des signatures historiques du label, symbolise à la fois cette personnalité ainsi que la fraternité qui cimente cette chapelle enneigée, Athros faisant ainsi le lien entre les deux entités, chanteur pour l'un (Forteresse) et guitariste (entre autres) pour l'autre. Une histoire de famille donc. 


De sang également, celui d'un passé auquel ces groupuscules rendent hommage. "Rouge souvenir d'antan" le démontre. S'ouvrant sur des mesures teintées d'un ancestral folklore, le titre de Brume d'Automne entame ensuite une lente reptation que domine un mid-tempo pesant et sinistre à souhait. Pour sa part, Forteresse accouche d'une composition où se reconnaît son style si particulier. Sur un lit de claviers lugubres, le tandem formé par Athros et Moribund  grave un Black Metal nationaliste, lancinant et habité, frissonnant et mélancolique, ravivant les souvenirs et les plaies d'un temps révolu, le tout recouvert d'une croûte lointaine, figée dans la neige, à l'image de cette prise de son si singulière, reconnaissable entre mille, en cela qu'elle semble provenir du fond des âges. A peine onze petites minutes peut-être mais une rondelle qui distille ce charme simple de la production artisanale et authentique et grâce à laquelle on comprend mieux pourquoi le Black Metal québécois restera toujours à part. (2010) ⍖⍖⍖

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