Fires At Midnight est un album important dans la carrière de Blackmore’s Night car, on s’en rend compte maintenant, il en forme le pivot, le tournant stylistique. En effet, après deux disques – Shadow Of The Moon et Under A Violet Moon – passés à dessiner une musique à mi-chemin entre le folk progressif et le rock, et oscillant entre électrique (un peu) et acoustique (beaucoup), ce troisième essai montre un Ritchie Blackmore qui semble (enfin) vouloir, certes encore timidement, renouer avec son passé. Résultat, jamais depuis la renaissance (éphémère) de Rainbow avec le mésestimé Stranger In Us All en 1995, la guitare du maître n’avait autant rugi, et ce dès le premier titre, l’accrocheur « Written In The Stars », durant lequel sa Stratocaster vient égrener ses notes si reconnaissables. Bien sûr, "Fires At Midnight" est toujours émaillé par de nombreuses déambulations médiévales et acoustiques, telles que « Home Again », « Crowning Of The King », des instrumentaux qui offrent à Blackmore tout le loisir de démontrer sa maîtrise des arpèges dépouillés (« Fayre Thee Well », « Praetorius ») et des ballades diaphanes (« Hanging Tree»). Mais à leurs côtés, il y a une poignée de compositions très rock, équilibre parfait entre emprunts Renaissance et musique électrique (bien plus nombreuses que sur ses deux aînés). Celles-ci sont d’ailleurs les plus belles du lot.
Combien de metteur en scène peuvent se vanter de connaître le plus gros succès de leur carrière à 84 ans ? Aucun, si ce n'est bien entendu l'inusable Clint Eastwood dont American Sniper restera le plus grand triomphe au box office. Il est aussi le le film américain à avoir engrangé le plus de millions de dollars en 2014, ce qui n'est pas si surprenant eu égard à son sujet qui parle au coeur des Américains. Si l'homme a pu susciter des controverses, notamment de part ses prises de position assez peu politiquement correctes, son cinéma se veut généralement plus consensuel, à l'exception de Dirty Harry. Mais une fois n'est pas coutume donc, American Sniper déclenche la polémique par son patriotisme supposé. En réalité, et comme souvent chez Eastwood, ce portrait sans fard de Chris Kyle se révèle bien plus ambigu qu'il n'y parait. Loin d'une production cocardière, il s'agit moins d'un produit de propagande qu'une dénonciation des ravages d...


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