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Budd Boetticher - Qui tire le premier ? (1969)


Film de fin de carrière aussi bien pour Budd Boetticher, que pour Audie Murphy qui se tuera deux ans plus tard dans un accident d'avion, Qui tire le premier ? est un western très curieux. Fauché (ses deux artisans sont endettés jusqu'au cou), il hésite entre la comédie picaresque et le drame initiatique, exploitant le filon usé du jeune pistolero rapide de la gâchette défié par des tireurs désireux de se mesurer à lui. Bien qu'écrit par Boetticher lui-même, le scénario cahote, donnant l'impression de tenter d'additionner maladroitement des scènes sans aucun rapport entre elles. Producteur du film, Audie Murphy n'apparait que quelques minutes à l'écran dans la peau de Jesse James dialoguant avec le jeune héros. La ressemblance physique troublante entre Richard Lapp et le vétéran de la Seconde Guerre mondiale, réduit à hanter des séries B de moins en moins glorieuses, donne à penser que ce western est perçu comme un passage de témoin entre la star sur le déclin et son partenaire. 


S'il est somme toute étonnant qu'il se soit attribué un rôle secondaire, Murphy n'en excelle pas moins lors de cette courte séquence, prouvant que l'âge lui réussit bien et offrant l'un des (rares) moments mémorables de Qui tire le premier ? aux côtés du long passage qui se tient dans un village de quelques maisons planté au milieu de nulle part et dirigé par un juge Roy Bean alcoolique dont Victor Jory livre une interprétation hirsute et pittoresque poissée d'une truculente poésie. Illuminé par le charme de la playmate Anne Randall, A Time For Dying débute dans le rire et s'achève dans la mort, comme l'annonçait son (beau) titre original nimbé de cette mélancolie désabusée qui noircit alors le western de la fin des années 60. Mais la marque de Budd Boetticher, auteur de tant de grands westerns avec Randloph Scott (La chevauchée de la vengeance, Comanche Station) n'empreigne à aucun moment cette modeste (à tous points de vue) bobine que drape toutefois une atmosphère bizarre, à l'image d'un ensemble dont les maladresses nourrissent en définitive un caractère attachant.  (19.07.2022) ⍖⍖


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Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...