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Articles

Affichage des articles du octobre, 2025

Marcel Carné - L'air de Paris (1954)

S'il reste mineur dans l'oeuvre de Marcel Carné dont on a souvent affirmé - de façon exagérée d'ailleurs - que sans Jacques Prévert, il perdait toute inspiration, L'air de Paris n'en est pas moins un film attachant, malgré une histoire éprouvée et un récit qui ne l'est pas moins. On y retrouve cette ambiance gouailleuse du Paris populo, qui prend vie à travers un Jean Gabin touchant dans la peau de ce boxeur raté qui végète dans une modeste salle de quartier et une Arletty parfaite en épouse jalouse de l'attention qu'il porte à ce jeune homme qu'il prend sous son aile comme le fils qu'il n'a pas eu. Seul Roland Lesaffre, figure récurrente de la carrière finissante de Carné, n'est jamais vraiment dans le ton, surjouant avec largesse. (09.11.2017) ⍖⍖

Stass - Songs Of Flesh And Decay (2021)

Une question pour commencer : où Rogga Johansson puise-t-il encore (et toujours) l'énergie pour mener de front tous ses projets. Certes, il en abandonne parfois certains sur le bord de la route, de Demiurg à The Grotesquery en passant par The 11th Hour mais la liste de ceux qui l'occupent encore est longue comme une file d'attente devant la CAF. Résultat, bordélique à souhait, la discographie de cet infatigable Suédois est épaisse comme le Bottin. Bien sûr, on peut légitiment se demander aussi à quoi cela lui sert de lutiner tous ses groupes dont le fonds de commerce demeure souvent le même, celui du bon vieux death metal des familles. Mais que voulez-vous, Rogga a le genre chevillé au corps et aux notes. Et à l'âme. En réalité, cette propension à se disperser entre de multiples combos répond avant tout à l'envie de collaborer avec tel musicien, tel chanteur. Ainsi, Stass le voit s'accoupler avec l'Allemand Felix, qui tient fermement le micro au sein de Crem...

Xasthur - All Reflections Drained (2009)

A-t-il senti que son Xasthur commençait de plus en plus à sentir le rance, le moisi, en se délestant ces dernières années d'albums plus proches du désert artistique que de la pierre angulaire ( Subliminal Genocide , Deceptive Epitaph ) ? Il n'empêche que pour la première fois depuis... oh depuis 2004 environ et To Violate The Oblivious , Malefic parvient à se renouveler (enfin) un chouia. Non pas que le Californien ait décidé de faire le grand ménage de printemps dans sa cabane dont on reconnaît toujours chaque mètre carré, chaque angle (ce chant écorché, ce tempo lancinant, ce son pollué...) mais All Reflections Drained corrige avec un certain bonheur (?) les défauts qui grevaient lourdement ses plus récents aînés. Les titres sont moins nombreux - on n'en compte que huit cette fois-ci - et corolaire de cette cure d'amaigrissement, l'opus ne s'étire pas sur une durée par trop excessive. Le visuel, décharné et plus original qu'à l'accoutumé, est un ...

Robin Hardy - The Wicker Man (1973)

A cause de la présence de Christopher Lee, The Wicker Man pourrait se confondre avec les films d'horreur anglais de la Hammer ou de la Amicus, tournés à une époque où le genre s'essouffle. En fait, le long-métrage de Robin Hardy s'apparente moins à la veine du cinéma qui fait peur, qu'à un documentaire sur la survivance de cultes et rituels païens. Point de fantastique dans ce récit ancré dans une petite île écossaise coupée du monde mais l'horreur y est pourtant bien présente, distillée par touches pointillistes jusqu'au coup de théâtre final qui voit le héros basculer en plein cauchemar.  On devine tout du long la signature du scénariste Anthony Schaffer ( Frenzy et surtout Le limier , excusez du peu), qui n'aime rien moins que confronter ces personnages à des faux-semblants et à une réalité qui leur échappe. Les décors, la musique et les chansons qui éclairent le propos, participent d'une ambiance teintée d'étrangeté. Le film baigne dans un éroti...

Yngwie Malmsteen - Perpetual Flame (2008)

Petite précision avant de débuter cette critique du dernier opus du Bibendum suédois. Je suis un vrai fan du maître. Ou du moins je l’ai été, surtout lors de ce que j’estime être ses deux âges d’or, c’est-à-dire tout d’abord (forcément) entre 1984 et 1989, époque faste qui correspond à ses flamboyants débuts puis, moins évident, entre 1996 et 2002. Or depuis, la carrière du Nounours scandinave amateur de Ferrari semble s’être enlisée dans la médiocrité et l’indifférence avec la publication d’un seul album, le fade Unleash The Fury et des tournées dont à peu près tout le monde se fout. Je n’attendais donc pas (ou plus) grand chose de sa part et à priori surtout pas ce Perpetual Flame , avec sa pochette naze (une constante malheureusement !) et un Tim « Ripper » Owens », dont beaucoup se demande ce qu’il vient faire là car ce n’est clairement pas dans le groupe ( ?) de son nouvel employeur qu’il risque de pouvoir enfin jouir de liberté et d’autonomie. En comparaison de Malmsteen, Jon S...

Sarke - Vorunah (2009)

Sur le papier, cet accouplement entre Sarke, musicien qui traîne ses guêtres dans pas mal de formations de la scène noire norvégienne (Tulus, Kold, Old's Man Child) et Nocturno Culto qu'on ne présente plus, n'avait rien pour vraiment déclencher une ferme érection sauf peut-être chez quelques fans sourds de Darktrone. En effet, cela fait bien longtemps que la participation à un quelconque projet de l'homme des bois, à l'instar de son compère Fenriz, n'est plus un gage de qualité. A l'arrivée pourtant, l'éjaculation a bel et bien lieu et la semence est même abondante ! Alors qu'on s'attendait ni plus ni moins à ce que   Vorunah   taille à peu de choses près des lambeaux identiques à ceux des derniers Darkthrone, à savoir cet espèce de proto black metal sale et rustre qui donne envie de taper du pied et de téter des bières dans un rade sordide et dont on retrouve néanmoins parfois la trainée saignante, c'est en fait un metal bien plus élabo...

Claude Zidi - La zizanie (1978)

Après le triomphe populaire de L'aile ou la cuisse , Christian Fechner, Claude Zidi et Louis de Funès remettent le couvert deux ans plus tard avec La zizanie . L'équipe est à peu prêt la même avec Claude Renoir à la photo et Vladimir Cosma pour la musique tandis que Julien Guiomar est également convié. Le succès ne sera pas autant au rendez-vous. Il est vrai que le résultat est moins réussi. La faute en incombe davantage  au scénariste Pascal Jardin dont le travail se révèle maigrichon qu'à un Louis de Funès cette fois plus en forme.  Il faut dire qu'il peut compter sur l'abattage et le dynamisme de Annie Girardot pour l'entraîner dans une spirale comique dont il a le secret.  Leur couple fait des étincelles contrairement au tandem que le comédien formait avec Coluche. Après la malbouffe, c'est la question de l'environnement qui est abordé ainsi que l'opposition entre une bourgeoisie d'affaire et un progressisme social et politique. Mais ces prét...

Starer - The What It Is To Be (2022)

Inconnu en dehors de sa cage d'escalier, Josh Hines fait partie de ces musiciens, solitaires le plus souvent, qui ne peuvent se contenter d'un seul projet à besogner. La liste des groupes auxquels l'Américain a collaboré ou qu'il a animés, parfois de façon très éphémère, est épaisse comme le Bottin. Aujourd'hui, parmi la dizaine qui l'occupe, trois s'en détachent : Bihargam dans une veine purement black metal, Chest Rockwell qui braconne sur des terres progressives et enfin Starer qui nous intéresse présentement. Ce dernier est sans doute celui qui lui est le plus personnel. Seul, il en assure tous les instruments ainsi que l'enregistrement et les artworks. Cette nature esseulée commande un art noir forcément moins organique, d'obédience plus atmosphérique. Plus sirupeuse aussi, du fait de la mainmise des claviers sur un ensemble coloré d'une mélancolie automnale. The What It Is To Be est la seconde offrande de l'Américain sous cette bannièr...

Deathspell Omega - Veritas Diaboli Manet in Aeternum: Chaining the Katechon (2008)

Veritas Diaboli Manet In Aeternum : Chaining The Katechon ne s’étire que sur une vingtaine de minutes. Ce n’est pas grave car autant pour un autre groupe que Deathspell Omega, cette durée aurait sans doute été préjudiciable avec un goût de trop peu, autant les Français, eux, parviennent à conserver une densité terrifiante même avec un format aussi court. Composé d’une seule et unique piste, on peut même affirmer qu’une poignée de lignes ne suffirait pas à détailler ce EP tant celui-ci fourmille, grouille de détails, d’arrangements, de visions cauchemardesques et dérangeantes. Avec sa brutalité viscérale coutumière, Deathspell Omega ouvre les vannes d’un black metal qui échappe à toute classification, à toute chapelle. A toute comparaison également. A la fois ultra violent, intense et rapide sans que certains atours mélodiques ne réussissent pourtant à se glisser dans ce maelström suffocant, « Chaining The Katechon » intrigue, met mal à l’aise et envoûte. C’est un labyrinthe où l’air e...

Renzo Genta, Richard Harrison - 2 frères appelés Trinita (1972)

2 frères appelés Trinita fait partie de ces faux Trinita qui n'ont pas manqué de fleurir dans le sillage du western de Enzo Barboni. Cependant ici, le coupable est moins le film lui même, malgré le tribut évident qu'il doit aux comédies du tandem Terence Hill / Bud Spencer, que le distributeur français qui a confondu (volontairement ?) Trinita avec Trinity, la ville où se déroule l'histoire. Point de personnage appelé Trinita donc mais deux demi-frères Jesse et Lester que tout oppose. Le premier est un pécheur qui aime l'action et les filles, le second, un pieu frappé par la parole divine. Richard Harrison (par ailleurs à l'origine du projet qu'il a imaginé, produit et semble-t-il en partie réalisé) et Daniel O'Brien les incarnent respectivement. Ils forment un savoureux duo qui imprime au récit une bonne part de sa joyeuse énergie.  S'il témoigne du déclin du western spaghetti qui dès le début des années 70 sombre franchement dans la farce, Jesse ...

Profetus - The Sadness Of Time Passing (2019)

Nous l'aurons attendu longtemps cette troisième marche funèbre des Finlandais ! Sept (trop) longues années, tunnel interminable cependant brisé en 2014 par As All Seasons Die , certes simple EP sur le papier mais qui, du haut de ses trente-six minutes, pourrait passé pour un album à part entière chez n'importe quel autre groupe. Mais quand on pratique du doom, perdu quelque part au pays des mille lacs, il n'est pas possible de concevoir un disque qui ne dépasse pas l'heure de musique. Souvenez-vous déjà du taquin Reverend Bizarre et de son EP Harbinger Of Metal long de plus de 70 minutes ! A fortiori quand on arbore la robe de bure d'un flagellant qui conjugue le genre à la forme la plus funéraire, comme c'est le cas de Profetus qui reste aujourd'hui, faute de prétendants, le dernier grand pourvoyeur de ce funeral doom à la finlandaise, véritable AOC et promesse d'un voyage sans fin dans les limbes gelées de la mort. Guère plus entreprenants, Shape Of D...

Dawn Of Winter - The Peaceful Dead (2008)

Comme il existe une école du doom finlandais, funéraire et d’une froideur à congeler sur place un caribou, comme il existe un doom britannique, granitique et qui plante son dard dans la fente du death metal, comme il y a un doom américain gras et biberonné au whisky, on peut également parler d’un doom à l’allemande, celui de Mirror Of Deception ou de Dawn Of Winter justement, soit un art de la souffrance guidé par un chant tragique et par des riffs usinés dans les aciéries de la Ruhr. Malgré une naissance qui remonte à plus de vingt ans, Dawn Of Winter n’est pas un groupe particulièrement prolifique. En effet, si ses premières années d’existence l’ont vu inonder les oreilles des amateurs par le biais d’un bon paquet de démos, The Peaceful Dead n’est finalement que sa seconde saillie longue durée, qui plus est réalisée dix ans après la première ! A sa décharge, il faut préciser que ses membres sont tous impliqués dans d’autres formations, à l’instar du chanteur Gerrit Mutz avec Sacred ...

Charles Band - L'alchimiste (1983)

Sa belle et prometteuse affiche ne doit pas vous tromper : L'alchimiste n'est qu'un nanar incompréhensible commis par un Charles Band qui devait se remettre d'une cuite tenace lorsqu'il en a imaginé le scénario (?). Exploité en France sous le nom de "Démon", cette série Z est mal fichue (ce n'est pas le plus grave) et franchement ennuyeuse (ce qui est impardonnable). Les motivations des personnages et la raison pour laquelle ils sont là, resteront à jamais un mystère. Même Robert Ginty, pas encore totalement grillé après le succès du Droit de tuer , son meilleur film, ne parvient pas à rehausser (?) ce morne spectacle... (19.12.2017) ⍖

Peine Kapital - Infraordo (2022)

Quelques mois à peine après nous être fait saigner les muqueuses par Ecchymoses , qui a en laissé de nombreuses dans notre chair mais aussi dans notre âme abîmée, étions-nous vraiment prêts à tendre déjà l'autre joue, à ouvrir la bouche pour sucer la nouvelle hostie infâme régurgitée par Peine Kapital ? Non (un peu) mais oui (surtout). Non parce l'idée de se prendre encore en pleine gueule des crachats aussi nauséabonds, de s'infliger une expérience sonore aux allures de coloscopie un peu rude, tient quand même du masochisme pur et simple. Oui car la jouissance jaillit de la douleur, de la souffrance. Au surplus, à grand coup d'uppercuts (démo, EP et split divers), les Français se sont imposés comme une valeur (très) sûre en matière de sludge doom ferrugineux souillé de grumeaux punk et hardcore, raison supplémentaire pour dire tout le bien qu'on pense d'eux et de s'enfoncer dans le charnier fumant dont ils remuent le contenu obscur et malveillant, rempli de...

Iskald - Revelations Of Reckoning Day (2008)

Ils sont norvégiens, ils font du black metal. Jusque là, tout va bien, rien d’anormal. Ah mais ils ne sont pas grimés à la truelle avec de la peinture achetée chez Bricomarché. Et ils osent injecter une bonne dose de mélodie dans leur black metal sans pour autant être mou du zizi. Revelations Of Reckoning Day est une manière de démonstration car il prouve que le genre n’est pas forcément sclérosé, figé dans des stéréotypes que nombre de hordes sans imagination trimballent comme un boulet, quand elles ne sentent pas obligées de le faire ! Mais une fois les glaouis à l’air et privées de tout cet apparat de foire et d’une philosophie ( ?) digne d’un enfant de cinq ans, que reste-t-il bien souvent (mais pas toujours certes et heureusement) de ces gargouilles ? Peu de choses. Iskald lui, n’a pas besoin de cacher sa vacuité, sa misère derrière tout ce cirque, ses deux membres se concentrent sur la musique et ce faisant, ils montrent que le black metal, quand il est débarrassé de tous ses gim...

Liselle Bailey - 40 ans, ma femme n'a pas de culotte (2017)

Marc Dorcel poursuit sa série des femmes mûres que l'âge n'a pas rendu moins avides de sexe, bien au contraire. Encore une fois sous la houlette de Liselle Bailey, Ma femme n'a pas de culotte repose sur l'appétit insatiable de Mariska, qui est presque de toutes les scènes. Le fait de privilégier les plans larges plutôt que les gros plans (toutefois nombreux) place le spectateur en position de voyeur. (23.09.2017) ⍖⍖

Bo Arne Vibenius - Crime à froid (1973)

Réalisateur très surestimé, Quentin Tarantino a au moins le mérite d’avoir permis la (re)découverte de certaines bobines au nombre desquelles figure Crime à froid dont il s’est fortement inspiré pour son Kill Bill . Quintessence du rape & revenge sordide et sexy tout ensemble, le film suit la trajectoire vengeresse et meurtrière de Madeleine. Violée quand elle était encore une petite fille, elle a conservé de cette agression un mutisme traumatique. Plus tard, elle tombe sous la coupe de Tony, un proxénète qui la rend dépendante à l’héroïne et la prostitue. Après voir mutilé le visage de son premier client, elle est punie par son geôlier qui en retour lui crève un œil. Lorsqu’elle apprend le suicide de ses parents, trompés par les lettres venimeuses que leur adresse Tony en se faisant passer pour elle, la jeune femme décide de se venger. Bandeau sur œil, elle apprend à se battre, à tirer au fusil et à conduire de façon sportive. Une fois prête, elle entame sa quête punitive. Après ...

The Gates Of Slumber - Hymns Of Blood And Thunder (2009)

Décidément toujours victime de priapisme créatif, The Gates Of Slumber vidange déjà une nouvelle enclume alors que l'année précédente l'a vu tout de même délivrer un split, un album et un EP ! Si la qualité est au rendez-vous, on se plaindra pas de cet heureux stakhanovisme. Et ca l'est ! Véritable héritier d'une certaine tradition initiée par les vétérans Manilla Road et Cirith Ungol, The Gates Of Slumber, c'est des visuels empruntés à l'heroic Fantasy ; ce sont également des riffs épais coulés dans une substance terreuse ; c'est une voix, celle de Karl Simon, un peu juste parfois mais qui se fond parfaitement dans l'ensemble ; c'est enfin ce doom épique et biberonné au grand heavy metal, celui de la NWOBHM notamment. Et d'ailleurs, plus les années passent et plus le trio tète cette mamelle grasse et généreuse. Cette évolution s'avère des plus évidentes sur ce Hymns Of Blood And Thunder au titre en forme de déclaration, de profession de foi...

18 ans, vraies salopes (2006)

Manière de compilation, 18 ans, vraies salopes rassemblent plusieurs scènes issues des productions Private. Au programme décors exotique, actrices de charme et queues de béton. Les belles Tara White, Cassie Young ou Boroka Balls se frottent aux membres démesurés des français David Perry et Ian Scott, entre autres. Difficile de résister à ces séquences de rêve où fellations et double pénétration s'enchaînent pour notre plus grand plaisir en un cocktail séduisant au goût de foutre. (13.08.2016) ⍖⍖⍖

Clint Eastwood - L'épreuve de force (1977)

Avec Clint Eastwood, les choses sont rarement ce qu’elles ont l’air d’être. A première vue, L’épreuve de force semble être un polar de série, mettant en scène un flic incorruptible, sorte de cousin de Harry Callahan. Pourtant, Ben Shockley n’est pas l’inspecteur Harry et cette sixième réalisation de l’acteur développe une trajectoire beaucoup moins linéaire que les différents opus de la série des Dirty Harry. L’épreuve de force constitue en fait la première variation autour du personnage de flic interprété jusqu’alors par Clint, avant La corde raide (Richard Tuggle [1984]) et La relève (1990). Dès les premières images, Shockley apparaît mal rasé, débraillé et puant sans doute l’alcool. C’est un bon flic mais il se retrouve manipulé par ses supérieurs, qui lui  une mission bidon. C'est un paumé, un perdant, à la vie privé dévastée, ce qu’infirme la magnifique affiche originale conçue par Frank Frazetta, représentant un Clint triomphant l’arme à la main, devant un bus criblé de ...

Laudanum - The Coronation (2009)

Le laudanum est un médicament à base d'opium utilisé comme calmant et très en vogue au XIXème siècle. C'est aussi le nom d'un groupe dont la musique se veut plus proche de la corrosion des drogues que d'un somnifère. Aux confins du doom halluciné, du sludge tellurique, du drone et de la noise, les Américains sculptent au burin un univers très personnel, dérive psychopathe rongée par une lèpre vicieuse. Cinq ans après une première dose remarquée ( The Apotheker ), The Coronation a quelque chose d'un labyrinthe humide d'une noirceur abyssale. 100 fois plus evil que bien des hordes grimées à la truelle et exaltant les forces des ténèbres, Laudanum écrit des bandes-sons cauchemardesques qui ne filent jamais droit. Il y a véritablement quelque chose de pourri, de souillé dans ce magma brulant et maladif, preuve en est le déglingué "Invoke", reptation stridente aux riffs obsédants. Basé sur un canevas pour moitié instrumentale ("Procession" "...