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Warlock - Triumph And Agony (1987)


Faisant suite au mitigé bien que réussi commercialement parlant True As Steel, sorti en 1986, Triumph And Agony demeure le testament du groupe en même temps que son opus le plus célèbre. Renouant avec l’inspiration de ses (récents) débuts, Warlock livre dix compositions sévèrement burnées qui sont autant de brûlots à la gloire du heavy metal. Certains d’entre eux sont encore aujourd’hui interprétés par Doro en solo, c’est dire leur qualité ! Citons notamment les imparables "All We Are", "I Rule The Ruins" et "Metal Tango", ainsi que la touchante ballade qui clôt l’album, "Für Immer".


Pour autant, comme le suggère le look désormais très Hair metal de ses membres (il est loin le temps du cuir et des clous à la Judas Priest !), il n’en demeure pas moins que le groupe a évolué, sinon changé. Sa musique se veut plus lisse, moins dure qu'autrefois, direction artistique que confirmeront les premiers albums solos de la chanteuse, dont le second sera même produit par Gene Simmons de Kiss. Très tôt mise en avant, Doro s’impose d’ailleurs sur Triumph And Agony comme le leader incontesté de Warlock. Le fait qu’elle apparaisse - seule - sur le visuel influencé par l’heroïc-fantasy, ne relève pas du hasard, cependant qu’elle a quasiment composé tous les titres de l’album avec le producteur Joey Balin, imprimant sa marque au groupe. Enfin, elle confirme encore une fois quelle charismatique et puissante chanteuse elle est. La jeune femme n’a franchement rien à envier à ses homologues masculins comme le prouvent ses interventions sur "Touch Of Evil". Malgré son succès, Triumph And Agony n’aura donc pas de successeur, quand bien même Force Majeure sera publié à la fois sous le nom du groupe et sous celui de sa chanteuse, laquelle se retrouve seule à tenir la barre, tous les membres de la formation d'origine ayant quitté le navire allemand. Désireuse de pouvoir travailler avec de nombreux musiciens, la blonde décide de se lancer ensuite dans une vraie carrière solo et ce, bien que Warlock soit devenu son projet. Celui-ci s’éteint donc officiellement en 1989 mais se reformera le temps d’un concert anniversaire en 2003 afin de fêter comme il se doit les 20 ans de carrière de la Metal Queen. (2006/2010 | MW) ⍖⍖⍖

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TOP DE LA SEMAINE

Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...