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Mortualia - Blood Of The Hermit (2010)


Où Shatraug trouve-t-il le temps ? Le temps de manger, dormir, baiser.. Va-t-il même aux toilettes ? Est-il est seulement un être humain ? Ses journées ont-elles vingt quatre heures comme pour tout le monde ? Autant de questions qui méritent d’être posées… Et qui méritent d’avoir une réponse. Entre Horna, Sargeist, Finnentum, Foudre Noire, Behexen et tellement d’autres encore que le bottin ne serait pas suffisant pour énumérer tous les projets qui l’occupent, il parvient tout de même à offrir à Mortualia une seconde offrande, que précédait il y a quelques moins à peine un split avec  Inmitten des Waldes. Bref, le finlandais est-ce qu’on appelle un stakhanoviste. Mais si certains confondent un peu trop souvent frénésie créatrice et talent, lui peut se targuer de les faire conjuguer la plupart du temps. Surtout d’ailleurs avec ce qui reste sans doute son jardin secret le plus précieux avec Finnentum. En toute logique, il s’y charge de tout, de l’interprétation à la prise de son. Le résultat est magnifique et il ne manque pas grand-chose à Blood of the Hermit pour ravir au Belus de Burzum le titre de meilleur album de black metal mélancolique de l’année. 


Effectivement, parfois l’élève n’est pas loin de dépasser le maître. En cinq plaintes de plus de dix minutes chacune, cet album se fraye un chemin à travers une forêt où règne la désolation la plus belle. Dès l’entame poignante de «Becoming Meaningless », à laquelle succède ces accords qui ruissèlent une tristesse absolue et d’une sincérité qui ne saurait être contestée, ce décor s’installe, glacial, sinistre et désespéré. On sent bien que c’est toute son âme et tout son malaise que Shatraug a mis dans ces longues échappées en solitaire au milieu des bois. Son chant écorché résonne d'un appel résigné («Manic Euphoria ») et de ses riffs prisonniers d’une croûte polluée, est tissée une toile dont chaque fil prend la forme d’une note de désespoir, d’abandon, à l’image des tragiques « The Sinister Shine » et « Blood of the Hermit ». Sur un socle d’une lenteur hypnotique et lessivé par un son cru et dépouillé, Mortualia étend un voile funéraire minimaliste avec une manière qui le rend presque plus proche du doom death que du pur black metal. « Pain at Least », dont les guitares qui pleurent convoquent le fantôme du Anathema originel, en témoigne par exemple. Cette oeuvre exprime le mal être, la solitude hivernale et la nature. et se pose probablement  comme une des œuvres majeures de Shatraug tout groupe confondu. Immense. (28/05/2010) ⍖⍖⍖

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