Accéder au contenu principal

Michele Massimo Tarantini - Adorables infidèles (1982)


Si la naziploitation demeure le genre le plus honni que le cinéma bis italien a labouré, la sexy comedy remporte quant à lui sans aucun doute la palme du plus idiot au côté du post-nuke et ses bobines fauchées tournées dans des carrières poussiéreuses. Au surplus, ce registre comico égrillard n’a inspiré aux cinéastes de la péninsule aucun chef-d'œuvre contrairement au western, à l’horreur gothique ou au polar. Toutefois les premières d’entre elles, troussées au milieu des années 70, sont de petits plaisirs coupables, pleines de cet humour coquin à ras la culotte qui fait passer Benny Hill pour Sacha Guitry et de nénettes toutes (dé)vêtues de porte-jarretelles que des puceaux ou autres vicelards épient par le trou de la serrure. La vue de la reine Edwige Fenech (en flic, prof ou toubib) ou de Gloria Guida (en lycéenne) ne manque jamais de déclencher une irrésistible chaleur dans le bas-ventre et les grimaces de Lino Banfi et Alvaro Viltali, au moins de francs sourires. Mais à partir des années 80, il en va de la sexy comedy comme des autres genres du bis italien, elle décline et s’enfonce dans la médiocrité. Quoique signée par Michele Massimo Tarantini (La flic chez les poulets), un de ses plus fidèles serviteurs, Adorables infidèles illustre cette inexorable érosion. 


Débile et tirée par les poils du pubis, l’histoire n’est qu’un prétexte à exhiber les charmes de ses trois héroïnes qui, pour rafler l’héritage laissé par une prostituée, doivent tromper leur mari et le leur avouer en leur présentant une photo de leurs ébats adultérins. Etre infidèle ne doit pourtant pas leur être tellement difficile, surtout pour une Nadia Cassini dont on se demande ce qu’elle fout avec Gianfranco D’Angelo ! C’est lui du reste qui fournit les (rares) moments les plus drôles. Si, du côté du manche, on croise un autre habitué du genre, Michele Gammino, l’absence des Lino Banfi, Alvaro Vitali et autre Mario Carotenuto se fait cruellement sentir. Sans eux, ces comédies coquines n’ont décidément pas le même goût. Encombré qui plus est par une dernière partie (dans l’hôtel) interminable,  entachée d’un comique laborieux, Giovani, Belle… Probabilmente Ricche peut ainsi difficilement passer pour autre chose que le rejeton tardif et abâtardi d’un genre qui n’a plus guère à montrer que les attributs de ses comédiennes. Las, dans ce registre érotique aussi, le spectacle paraît bien pâle. Ainsi, la présence de Olinka Hardiman, dans un de ses rares emplois non pornographiques, ne doit pas vous tromper : elle et ses deux copines, Nadia Cassini (dont c’est le dernier rôle au cinéma) et  la vulgaire Carmen Russo, en dévoilent beaucoup moins que la Fenech à sa grande époque. Reste cependant une sympathique comédie qui sexualise la femme pour mieux s’amuser à égratigner la figure du mâle italien, moqué dans sa virilité ridicule ou réduit à de graveleux tas de graisse.  (27.08.2024) ⍖⍖


Commentaires

TOP DE LA SEMAINE

Clint Eastwood - Au-delà (2010)

De tous les films réalisés par Clint Eastwood, Au-delà reste sans doute celui qui a la plus mauvaise réputation, considéré comme un ratage complet par beaucoup de critiques, sauf les Cahiers du Cinéma. Il va sans dire, que je ne partage pas cet avis. Hereafter n'est certes pas sans défaut, on peut lui reprocher une approche de l'au-delà naïve voire caricaturale, une partie française peu convaincante, digne d'un téléfilm. pourtant, Eastwood réussit à ne jamais sombrer, parfois de peu il est vrai, ni dans le pathos ni dans le ridicule qu'imposait ce sujet ô combien casse-gueule, grâce au classicisme élégant de sa mise en scène d'une grande fluidité et en jouant sur les clairs obscurs qui permettent de sauver du risible les séquences de spiritisme. Quelques notes de piano lui suffisent aussi pour peindre la solitude de personnages dont on sent qu'il les aime. Si les scènes du tsunami sont à couper le souffle, de même que celles de l'attentat de Londres, le f...

Doro - Doro (1990)

Si sur le papier, Force Majeure marque le point de départ de la carrière solo de la chanteuse, c’est bien ce disque éponyme - son second - qui incarne ses premiers pas hors de Warlock, son aîné n’ayant pu bénéficier d’une sortie sous la bannière du groupe que pour des raisons essentiellement juridiques. Désireuse ne plus être liée à une seule formation dont elle estime qu‘elle bride sa liberté, Doro décide donc désormais de voler de ses propres ailes, ce que confirme bien le nom de cet opus aux airs de nouveau départ. En outre, le succès aidant, elle fait le choix d’affirmer une "américanisation" de sa musique que Triumph and Agony et Force Majeure avaient déjà entamé. Fini les visuels typés heroic fantasy, la jolie teutonne s’affiche sur la pochette de Doro à la manière d’une chanteuse pop. Autre signe qui ne trompe pas : la présence de Gene Simmons (Kiss, mais est-il besoin de le préciser ?) en tant que producteur exécutif. L’avisé musicien et amateur de belles femmes col...

Paradise Lost - Medusa (2017)

Les vieux cons comme votre serviteur se souviennent encore du jour où ils ont découvert le groupe d'Halifax grâce à ce Lost Paradise matriciel dont la pochette comme sortie des enfers, continue encore de les hanter après tout ce temps. Qui aurait pu croire alors que les Anglais seraient toujours parmi nous (presque) trente ans plus tard ? Peu de monde assurément et sans doute pas les principaux intéressés eux-mêmes. Quinze albums ont coulé sous les ponts depuis 1990 comme autant de jalons d'une carrière en constante mutation. Après le retour au gothic metal qui a fait sa renommée avec Symbol Of Life (2002), Paradise Lost a entamé à partir de Tragic Idol (2012) une descente au fond d'une mine de charbon, glissement dans une obscurité sinistre dont nous pensions que le radical "The Pague Within" l'avait achevé trois ans plus tard. Pourtant, Medusa vient nous rappeler que ses créateurs furent bien au début des années 90 un des trois côtés de la Sainte Trinité ...