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Akitsa - Au crépuscule de l'espérance (2010)


Alors qu’à ses débuts, il s’est montré particulièrement productif, multipliant les splits et autres saillies assez courtes, depuis quatre ans en revanche, Akitsa se fait plus discret. Un album en 2006, La grande infamie, un split avec Total Genocide deux ans plus tard. C’est maigre et c’est pourquoi l’annonce d’un (enfin !) quatrième méfait a été accueilli avec exaltation par tous ceux qui estiment, à raison, que ce groupe, tout d’abord simple tandem et aujourd’hui trio depuis l’embauche comme batteur de Eric Syre, s’avère être un des hérauts les plus intéressants du black metal québécois. Plus haineux et nihiliste que jamais, Akista, artisan d’un art noir cru et viscéral, livre avec Au crépuscule de l’espérance un crachat digne de sa légende noire. Il place même la barre très haut avec les deux titres d’ouverture, « Crematorium », prologue mortifère d’une beauté suicidaire dégueulasse et plus encore le burzumien « Les sentinelles », sommet de vermine malsaine tricoté par des riffs venimeux et des nappes de claviers maladifs. Le chant écorché y régurgite plus de misanthropie que bien des étrons inondant les bacs des disquaires. En cinq minutes, c’est une vraie leçon que nous assènent les Québécois. Et cette manière de stopper l’écoute brutalement participe également d’une attitude très black metal, ce que confirme le quasi punk « Morsure ». 


Au rampant « Loyauté », qui résume à lui seul toutes les valeurs identitaires du groupe et à l’étrange « Cercueil national », on préférera le bruitiste « Au crépuscule de l’espérance », abîme de négativité démentiel et assurément l’Everest de l’album. Entièrement instrumental, il n’est bâti que sur une décharge de riffs pollués qui se répète pendant plus de sept minutes au bord de la rupture. Encore une fois, faire plus noir et dépressif paraît impossible. Du coup, les agressions suivantes sont moins marquantes, malgré le reptilien « Le dernier putsch », corps froid que secouent des vibration chargées d’une décrépitude infinie ou « Vers la mort », douloureux cri de désespoir. Drapé dans une croûte sonore dont la pourriture est savamment étudiée (soyez-en sûr, cuisiner un son crado sans être une infâme bouillie, n’est pas si simple), Au crépuscule de l’espérance est comme la peinture brûlée d’une société en plein naufrage. C'est une œuvre crépusculaire, comme son nom l'indique, d'un pessimisme aussi poisseux que définitif. (2010 | MWMW) ⍖⍖⍖



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Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...