S'il permet à Jean Gabin de tourner pour la deuxième fois sous la houlette de Gilles Grangier après La vierge du Rhin, Gas-oil scelle surtout la collaboration fructueuse entre le comédien et Michel Audiard qui en assure les dialogues et l'adaptation du roman de Georges Bayle, Du raisin dans le gaz-oil. Le résultat est un solide polar de série B même s'il parait un peu pantouflard. Ca manque de jus et sans être bâclé, l'ensemble laisse une impression d'inachevé à l'image d'un dénouement vite expédié. Mais le film lie le charme rustique d'une France disparue à celui d'un cinéma qui l'est tout autant, avec ces camions d'un autre âge, ces routiers qui sentent bon le graillon et le pinard et toutes ces trognes qu'on aime tant croiser. (le 3 février 2018) ⍖⍖⍖
Combien de metteur en scène peuvent se vanter de connaître le plus gros succès de leur carrière à 84 ans ? Aucun, si ce n'est bien entendu l'inusable Clint Eastwood dont American Sniper restera le plus grand triomphe au box office. Il est aussi le le film américain à avoir engrangé le plus de millions de dollars en 2014, ce qui n'est pas si surprenant eu égard à son sujet qui parle au coeur des Américains. Si l'homme a pu susciter des controverses, notamment de part ses prises de position assez peu politiquement correctes, son cinéma se veut généralement plus consensuel, à l'exception de Dirty Harry. Mais une fois n'est pas coutume donc, American Sniper déclenche la polémique par son patriotisme supposé. En réalité, et comme souvent chez Eastwood, ce portrait sans fard de Chris Kyle se révèle bien plus ambigu qu'il n'y parait. Loin d'une production cocardière, il s'agit moins d'un produit de propagande qu'une dénonciation des ravages d...




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